Le Parti conservateur n’est plus celui qu’a connu votre père, dit Erin O’Toole

SAGUENAY — Le chef Erin O’Toole reconnaît que les conservateurs ont une côte à remonter pour gagner le coeur des électeurs. De passage au Saguenay mercredi, il a voulu convaincre les Québécois de voter pour lui en leur présentant une image «progressiste» d’un Parti conservateur qui n’est «plus celui que vos pères ont connu», dit-il.

Alors qu’il entame le dernier droit de sa première campagne électorale comme chef, M. O’Toole a soutenu que son parti est «inclusif, diversifié, ouvert et progressiste», un allié de la communauté LGBTQ.

Le Parti conservateur n’est plus celui que vos pères ont connu, a-t-il insisté. «Ni celui de vos grands-pères» d’ailleurs.

Il a déclaré que son message s’adressait ce mercredi matin à ceux qui se branchent sur la campagne électorale tout juste avant le scrutin — et qui envisagent de voter pour les conservateurs peut-être pour la première fois.

«Je sais que certains d’entre vous sont hésitants en raison de choses que vous pouvez avoir entendues ou des impressions qui datent d’une autre époque», a-t-il lancé. Invité à énumérer ces «fausses impressions» qui nuisent à l’image de son parti, il n’a pas répondu, se contentant de dire qu’il est «un nouveau chef avec une nouvelle approche».

Ses paroles étaient destinées à tous les Canadiens, mais il les a livrées en territoire québécois, alors qu’il cherche à faire le plein de sièges avant le jour du vote, notamment en obtenant la faveur des électeurs progressistes. Le Parti conservateur n’a jamais réussi à faire élire plus de 12 députés au Québec depuis sa fondation en 2003.

Les Québécois manifestent des réticences envers le Parti conservateur, perçu par plusieurs comme une formation politique anti-avortement, sans réelle volonté de combattre les changements climatiques et encline à réduire les restrictions sur les armes à feu.

Mercredi matin, M. O’Toole leur a promis un Parti conservateur «renouvelé», mais a refusé de s’engager à ce que les élus conservateurs ne présentent pas de projets de loi privés visant à restreindre le droit à l’avortement. M. O’Toole se présente comme un candidat pro-choix, et soutient que son gouvernement «ne va jamais passer une loi qui va diminuer les droits des Canadiens». Point final, dit-il. Sauf que dans le passé, des projets de loi pour limiter le droit des femmes à l’avortement ont été déposés par des députés conservateurs, alors même que leur chef soutenait qu’il ne rouvrirait pas ce débat.

Erin O’Toole argue que les libéraux «ont laissé tomber les citoyens». Mais «si on est honnêtes», dit-il, ils ont été déçus par tous les partis, le sien y compris.

Les conservateurs n’avaient pas de plan «assez sérieux» sur le changement climatique «lors des deux dernières élections» — ce qu’il a depuis rectifié, prétend-il — et n’ont pas tenté suffisamment de rejoindre les travailleurs, les syndicats et le milieu culturel, a-t-il donné en exemple, lorsqu’interrogé à ce sujet.

En même temps, il a réitéré mercredi, lors de son point de presse matinal, son appui au projet GNL Québec.

En juillet dernier, le projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel et de terminal maritime au Saguenay a été rejeté par le gouvernement de François Legault, qui a jugé qu’il ne contribuerait pas à la lutte contre la crise climatique et qu’il risque même de ralentir la transition énergétique mondiale.

Cet acte de foi progressiste survient peu après la diffusion de publicités par la campagne libérale dépeignant le chef conservateur comme celui qui ramènerait le pays «en arrière», comme à cette époque où les armes d’assaut étaient légales, et lorsque les députés conservateurs «mettaient de l’avant des lois anti-avortement», est-il donné en exemple dans le message publicitaire.

Mercredi, alors que les conservateurs sont toujours au coude à coude avec les libéraux dans les intentions de vote des Canadiens, c’est évidemment le chef libéral Justin Trudeau qui a écopé de la quasi-totalité des attaques de M. O’Toole. 

Ce dernier a interpellé les électeurs, leur disant que s’ils en ont assez qu’on les tienne pour acquis, qu’on les ignore, «votre seule option est de voter conservateur». Et s’ils en ont assez des dépenses «imprudentes» de Justin Trudeau, de sa dette «considérable» et du coût de la vie qui ne cesse d’augmenter, «votre seule option est de voter conservateur», a-t-il martelé. 

«C’est le temps de réexaminer le Parti conservateur, parce qu’on a besoin d’un gouvernement plus sérieux que celui de M. Trudeau.»

Interrogé à savoir s’il invitait les partisans du chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, à se rallier au Parti conservateur, il a lancé, confiant: «Je suis le seul chef qui peut remplacer Justin Trudeau».

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