Le Parti vert du Canada expulse l’un de ses candidats à la chefferie

OTTAWA — Le Parti vert du Canada a montré la porte à l’un de ses candidats dans la course à la direction, affirmant que plusieurs de ses commentaires récents ne reflétaient pas les valeurs du parti sur la diversité.

Le militant écologiste montréalais Dylan Perceval-Maxwell a été exclu de la course le 8 juillet. Le parti affirme que «plusieurs» déclarations récentes de M. Perceval-Maxwell sont inappropriées et le comité électoral du parti a décidé de l’exclure. M. Perceval-Maxwell a fait appel de la décision, sans succès.

Le militant écologiste a écrit mercredi sur sa page Facebook qu’il s’excusait d’avoir suggéré, au cours d’un débat à la télévision, que pour lutter contre le profilage racial, les policiers devraient être obligés de «donner 20 $ à chaque personne de couleur qu’ils arrêtent».

Lors de ce débat des candidats à TVO, le 23 juin, l’avocate montréalaise Meryam Haddad avait alors répliqué à M. Perceval-Maxwell que son commentaire était «super raciste».

M. Perceval-Maxwell admet sur sa page Facebook qu’il n’aurait pas dû suggérer un montant «en termes de compensation» et qu’il aurait plutôt dû se contenter de parler de «définancer» la police — peut-être de la poche même des policiers. Mais il soutient que sa suggestion, de bonne foi, n’était pas raciste — et il cite la définition du dictionnaire Oxford.

Il écrit aussi que «blâmer les individus qui ne participent pas activement à l’oppression et à la discrimination a causé les trois derniers génocides majeurs: le Rwanda, le Cambodge et l’Holocauste nazie».

«Ma chère mère juive a survécu en Hongrie en se cachant dans une poubelle», écrit-il. «Je crois que défendre les droits de TOUS, quelles que soient l’origine ethnique et la classe, c’est ce que nous devons faire.»

«Normaliser le racisme et la discrimination»

Le Parti vert «accepte que des désaccords surviennent dans le feu d’un débat ou d’une course, mais s’attend à ce que ceux qui sont appelés à faire des déclarations discriminatoires réfléchissent, apprennent et s’engagent à faire mieux».

«Le parti respecte le droit de chaque individu à la liberté d’expression, mais nous ne fournirons pas de plateforme pour normaliser le racisme et la discrimination», précise le communiqué des verts.

M. Perceval-Maxwell reconnaît que beaucoup de gens ne croient pas que ses excuses étaient complètes et sincères. «Je me suis excusé deux fois sur les réseaux sociaux, mais mes excuses ont été effacées tout de suite, laissant juste les mauvais commentaires et les fausses déclarations», soutient-il. 

Il reste maintenant neuf candidats dans la course pour succéder à Elizabeth May. Le prochain chef des verts sera connu le premier week-end d’octobre, à l’issue d’un scrutin en ligne et par la poste cet automne.

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