Le Parti vert promet d’accorder un droit de veto contre le projet GNL Québec

MONTRÉAL — Le Parti vert veut donner aux municipalités et aux Premières Nations un droit de veto sur le passage du gazoduc GNL Québec sur leur territoire.

Le parti de la chef Elizabeth May soutient être le seul à ce jour qui s’oppose au projet et qui répond aux demandes des groupes environnementaux dans le dossier.

Le projet GNL Québec prévoit la construction d’un gazoduc de 750 kilomètres de la frontière de l’Ontario jusqu’au Saguenay et d’une usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a refusé durant la campagne de se mouiller sur la construction d’un troisième lien routier Québec-Lévis et sur le projet GNL Québec. Il a répété qu’il attendrait les évaluations environnementales du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) avant de se prononcer.

Le Parti vert a rappelé la sortie d’une quarantaine d’économistes québécois, qui ont critiqué mardi le projet GNL Québec et exprimé de sérieux doutes sur les promesses de retombées économiques.

«Chaque municipalité et conseil de bande devrait avoir le droit de s’opposer à GNL Québec et personnellement, je n’en peux plus de voir tous ces chefs politiques — Trudeau Singh et Blanchet — se servir de la cause environnementale pour gagner des votes en faisant abstraction de GNL Québec», a affirmé Mme May par communiqué.

Daniel Green, chef adjoint et candidat dans Outremont pour le Parti vert, a parlé mercredi dans une lettre de l’«illusion d’un Bloc québécois vert».

«Le chef du Bloc québécois se plaît à dire qu’ils sont plus verts que les verts. Pourtant, comme les conservateurs, ils n’ont aucune cible de réduction des gaz à effet de serre, aucune cible de fin de l’exploitation des sables bitumineux, aucune cible de réduction de l’électricité provenant des énergies fossiles et aucune cible de vente de véhicules électriques», a soutenu M. Green.

Au cours de la campagne, M. Blanchet a surtout mis de l’avant sa proposition de taxer sévèrement les émissions de gaz à effet de serre dans les provinces qui polluent plus que la moyenne nationale, comme l’Alberta et la Saskatchewan, pour ensuite verser le fruit de cette taxe aux provinces ayant une meilleure performance environnementale, comme le Québec.

Le Parti vert a tenu également à rappeler son opposition au troisième lien à Québec et à «tout nouveau projet d’infrastructure ou de transport d’énergie fossile».

Un rôle clé en situation minoritaire

En campagne mercredi à Victoria, Mme May a dit s’attendre à l’élection d’un gouvernement minoritaire. Elle a affirmé que les verts pourraient jouer un rôle de premier plan dans un esprit de coopération pour mettre en vigueur des politiques environnementales.

Mme May a mis en garde contre l’élection d’un gouvernement majoritaire libéral ou conservateur, affirmant que ni l’un ni l’autre ne serait véritablement engagé dans l’action climatique.

La chef du Parti vert a dit être prête à discuter avec tous les partis dans l’éventualité d’une situation minoritaire, mais a décrit les politiques environnementales des néo-démocrates, des conservateurs et des libéraux comme des feuilles de route vers l’échec.

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