Le passé des membres des forces de sécurité irakiennes n’aurait pas été assez scruté

OTTAWA — Le chef d’état-major de l’armée canadienne avait été prévenu l’année dernière, dans une note secrète, qu’on ne scrutait pas suffisamment le passé des membres des forces de sécurité irakiennes qui suivaient la formation de l’OTAN dispensée par le Canada.

La note avait été rédigée en janvier 2020 par le lieutenant-général Mike Rouleau pour le général Jonathan Vance, alors chef d’état-major de la défense. Elle a été obtenue, lourdement caviardée, par La Presse Canadienne grâce à la Loi sur l’accès à l’information.

On apprenait récemment que des responsables militaires auraient fermé les yeux il y a trois ans sur une plainte de soldats selon laquelle les forces irakiennes entraînées par des militaires canadiens pourraient avoir commis auparavant des crimes de guerre. 

La porte-parole militaire, la majore Mélina Archambault, assure que la note n’est pas liée à cette affaire, mais traite plutôt de préoccupations potentielles concernant le transfert de prisonniers aux forces irakiennes. 

Selon Mme Archambault, des mesures ont été prises pour répondre aux préoccupations soulevées par le lieutenant-général Rouleau, bien qu’elle ait refusé d’en discuter pour des raisons de sécurité. La majore affirme ainsi que les militaires canadiens n’ont fait aucun prisonnier lors de leur participation à la mission de formation des membres des forces de sécurité irakiennes.

La note de M. Rouleau soulève néanmoins des questions sur le «filtrage» de ces Irakiens formés par le Canada. Elle remet aussi en cause les assurances répétées des autorités militaires selon lesquelles les soldats canadiens en Irak n’ont pas été témoins de crimes de guerre ou de violations des droits de la personne. 

La police militaire enquête actuellement sur la gestion d’un incident survenu en septembre 2018: des soldats canadiens auraient été invités à «poursuivre» leur formation même s’ils s’étaient plaints que certains des membres irakiens avaient peut-être commis des crimes de guerre.

Le Canada compte encore plusieurs centaines de soldats en Irak, qui travaillent aux côtés des forces locales dans la lutte contre Daech. 

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