Québec envisage un passeport vaccinal cet automne pour des activités non essentielles

MONTRÉAL — Le gouvernement du Québec a présenté son concept de «passeport vaccinal» pour l’automne, qui ne sera nécessaire que «si et seulement si» la situation de la COVID-19 se détériore. Les Québécois devront alors l’exhiber pour prouver qu’ils ont bien reçu deux doses de vaccin, afin d’avoir accès à certaines activités «non essentielles».

Montrer son «code QR», soit la preuve électronique de double vaccination, pourrait être exigé à compter du 1er septembre à certains endroits.

Il faut d’abord laisser le temps aux Québécois d’obtenir les deux doses requises, a expliqué le ministre de la Santé, Christian Dubé, en conférence de presse à Montréal jeudi.

Il a bien insisté sur l’aspect conditionnel de ce passeport: bref, il ne servira peut-être jamais. Son «plus grand souhait» est de ne pas en avoir besoin, a-t-il même dit.

Mais, si la situation épidémiologique se dégrade et que des éclosions se multiplient, il pourrait être requis pour une activité précise, dans un territoire circonscrit. «Une approche plus ciblée» que de devoir fermer les restaurants et les bars à la grandeur du Québec.

Et il ne sera en aucun cas requis pour des services essentiels comme l’école, le cégep, l’université ou les soins de santé.

Bref, il ne servira qu’à entrer dans certains lieux comme les bars, les restaurants, les salles de spectacle, les sites de festivals et les matchs sportifs disputés dans des auditoriums.

Le but de ce nouvel «outil de gestion de risque»? Éviter un confinement généralisé à l’automne et devoir encore fermer commerces et restaurants, a martelé le ministre Dubé. Et ça, «ça passe par la vaccination».

Les personnes «adéquatement vaccinées» auront ainsi une vie plus normale, a-t-il noté.

«Les personnes qui refusent, c’est leur droit.» Mais on ne peut pas continuer de tout paralyser parce que des personnes choisissent de ne pas recevoir le vaccin, a-t-il ajouté.

Le ministre Dubé explique qu’une forte proportion de la population, soit 80 %, veut se faire vacciner et sera favorable à ce que des accès plus larges soient offerts aux «doublement vaccinés». «On est très à l’aise avec cette approche-là», a répondu le ministre lorsqu’il s’est fait demander s’il ne s’agissait pas là d’une forme de discrimination.

Avec le passeport vaccinal, «on ne brime pas des droits. C’est un outil de plus pour contrôler des éclosions pour éviter de fermer un secteur au complet», a fait valoir de son côté le directeur national de la Santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, aussi présent au point de presse.

Le ministre de la Santé a d’ailleurs lancé un autre appel à la population, lui demandant de prendre rendez-vous, principalement les jeunes de 18-30 ans qui ont moins tendance à se faire vacciner.

Le vaccin a montré son utilité, insiste-t-il: au Québec, la semaine dernière, 95 % des cas rapportés de COVID-19 et des hospitalisations l’ont été chez des personnes qui n’étaient pas pleinement vaccinées, a-t-il indiqué. Et selon lui, cette tendance est observée partout dans le monde.

Gestion du passeport

Évidemment, la gestion de l’accès à ces activités non essentielles, en cas d’éclosion ou d’un haut taux de transmission de la COVID-19, retombe sur les épaules des commerçants ainsi que des responsables des salles de spectacles et des festivals. 

Le ministre Dubé a indiqué être en train de réfléchir à la meilleure manière de procéder. Selon lui, la charge de travail sera «minime» pour eux, sans bureaucratie. Et de toute façon, il croit qu’ils préféreront faire cela que de devoir fermer comme ce fut le cas à quelques reprises depuis le début de la pandémie.

Ceux de l’Outaouais auront peut-être plus de difficultés: des centaines, parfois des milliers d’Ontariens traversent la frontière chaque jour et se rendent dans des restaurants et des bars en territoire québécois. Or, ils n’auront pas en leur possession la «preuve vaccinale du Québec».

Peu importe, ils devront montrer la preuve de vaccination double dose qu’ils auront en leur possession: «ils en ont des preuves vaccinales en Ontario», a souligné le ministre.

Quant à ceux qui ne peuvent se faire vacciner contre la COVID-19 pour des raisons médicales, le ministre a indiqué qu’une solution serait trouvée pour eux pour qu’ils ne soient pas privés des activités non essentielles qui pourraient être visées par le passeport vaccinal.

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