Le patron de l’ONUSIDA quitte l’organisation dans le tumulte

GENÈVE, Suisse — L’agence des Nations unies contre le sida a annoncé mercredi que son directeur quittait son poste immédiatement, après avoir été soupçonné d’avoir mal géré des allégations d’agression sexuelle au sein de l’organisation.

L’ONUSIDA a déclaré que Michel Sidibé venait d’être nommé ministre de la Santé et des Affaires sociales du Mali, son pays natal. Son adjointe suédoise, Gunilla Carlsson, le remplacera à titre provisoire.

L’agence peine à se concentrer sur son mandat de mettre fin à l’épidémie de sida d’ici 2030 alors qu’elle fait face à des allégations d’agression sexuelle et d’autres actes répréhensibles à son siège social de Genève.

L’ONUSIDA doit notamment gérer une enquête impliquant une dénonciatrice, Martina Brostrom, qui avait révélé l’an dernier avoir été agressée sexuellement par le docteur Luiz Loures, l’un des principaux adjoints de M. Sidibé.

Des documents confidentiels obtenus par l’Associated Press montrent par ailleurs que l’agence est aux prises avec des allégations voulant que Mme Brostrom et son ancien superviseur aient pris part à des pratiques frauduleuses et à une utilisation abusive des budgets de voyage.

Michel Sidibé devait quitter son poste en juin, six mois avant la fin prévue de son mandat. Il avait annoncé son départ anticipé après une enquête interne rendue publique l’année dernière qui avait révélé un «leadership défaillant» à l’ONUSIDA. Il dirigeait l’agence depuis 2009.