Le père d’un des suspects en fuite a écrit un livre pour dévoiler son passé

VANCOUVER — Le père d’un des deux suspects recherchés dans le nord du Manitoba a écrit un livre qui apporte un nouvel éclairage sur sa propre santé mentale tout en tentant d’expliquer ses propres condamnations pour harcèlement.

Alan Schmegelsky, le père de Bryer Schmegelsky, a remis cette semaine un livre intitulé «Red Flagged» («Signal d’alarme») aux journalistes. Selon lui, il s’agit d’une version fictive du passé familial.

Bryer Schmelgelsky et son ami Kam McLeod, tous deux âgés respectivement de 18 et 19 ans, sont déjà accusés de meurtre au second degré du conférencier de l’Université de Colombie-Britannique, Leonard Dyck. Ils sont également soupçonnés d’avoir tué un touriste australien Lucas Fowler et de sa petite amie américaine Chynna Deese. La GRC continue de rechercher le duo dans un secteur isolé du nord du Manitoba où ils ont été aperçus pour la dernière fois.

Le livre de 132 pages que compte auto-éditer Alan Schmegelsky sans autant le proposer pour la vente prétend révéler de nouveaux détails sur la vie troublée de la famille et des nombreux démêlés judiciaires du père avec la police et les tribunaux.

Son intention est de souligner comme un «système cassé» avait forgé le caractère de son fils.

«Mon fils et moi avons été traités comme des ballons de football. Il est temps de dire la vérité», a-t-il dit.

Dans ce livre, l’auteur reconnaît avoir été arrêté et condamné plusieurs fois pour désobéissance à une ordonnance du tribunal, pour harcèlement criminel et pour non-respect des conditions de probation de 2008 à 2018.

On ne sait pas si c’est la mère de Bryer qui était la victime du harcèlement. M. Schmegelsky s’est déjà défendu en déclarant que celle-ci avait porté plainte parce qu’elle craignait d’être assassinée. Elle a aussi dit que l’homme était atteint de schizophrénie et qu’il ne prenait pas ses médicaments. Il a nié ces allégations.

L’auteur ajoute dans le livre qu’un psychologue lui avait dit qu’il souffrait de délire, un diagnostic qu’il ne partageait pas. Son avocat, qui l’a déjà décrit comme «autiste», lui a conseillé de s’inscrire dans un centre de crise, mais il n’y est pas resté bien longtemps, car il n’en avait pas les moyens financiers.

Son fils n’a jamais assisté à aucun de ses passages devant un tribunal, assure-t-il.

La mère du suspect n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire. Quant à la GRC et à la police de Victoria, elles disent ne pas être en mesure de dévoiler immédiatement le contexte dans lequel se sont déroulés ces procès.

Toujours bredouilles

Les recherches pour retrouver Bryer Schmegelsky et Kam McLeod se sont poursuivies dimanche à Gillam.

Les policiers, aidés par des chiens et des drones, ont fait du porte-à-porte, vérifié chaque résidence et fouillé tous les immeubles abandonnés de Gillam et des environs. Des citoyens ont même organisé leur propre vigile.

Les recherches aériennes se sont intensifiées samedi à la suite de l’arrivée d’un avion CC-130H Hercules de la Force aérienne du Canada muni d’un équipement de détection thermique de haute technologie.