Le Petit abattoir reçoit 375 000 $ pour adapter quatre conteneurs maritimes

GRANDBY, Qc — La coop de solidarité Le petit abattoir, projet piloté par le peintre et documentariste Marc Séguin, a reçu, lundi, une aide financière gouvernementale de l’ordre de 375 315 $, qui lui servira à adapter quatre conteneurs en une unité d’abattage.

Les quatre conteneurs seront transformés en une unité répondant aux normes d’inspection HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) de l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Deux ministères québécois contribuent à ce financement. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation accorde une aide financière de 200 000 $ en vertu du Programme d’appui à la compétitivité des abattoirs régionaux (PACAR) , financé par l’Accord Canada-Québec de mise en œuvre du Partenariat canadien pour l’agriculture. Une aide additionnelle de 175 315 $ provient du Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR) du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation.

«Des projets comme celui-ci permettront d’améliorer la capacité d’abattage au Québec, au bénéfice des producteurs et des transformateurs de la province qui travaillent fort chaque jour pour nous nourrir. Notre gouvernement continuera à travailler avec le gouvernement du Québec pour soutenir les besoins des petits producteurs régionaux en matière d’augmentation de la capacité d’abattage», dit Marie-Claude Bibeau, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire.

«Les entreprises comme Le petit abattoir sont vitales pour contribuer au dynamisme de l’agriculture du Québec. Leur présence et leurs actions peuvent faciliter l’émergence d’une agriculture de proximité, qui est capable d’augmenter l’autonomie alimentaire de la communauté», déclare le ministre de l’Agriculture, des Pêches et de l’Alimentation, André Lamontagne.

D’autres partenaires aident à financer le projet. La MRC de la Haute-Yamaska contribue également au projet par une aide financière de 4?685 $. Le Chantier d’économie sociale en partenariat avec le gouvernement du Canada offre une aide financière qui couvrira les frais de ressources humaines.

Le secteur des abattoirs au Québec représente 4?600 emplois, soit le tiers des emplois dans le secteur des viandes. Les livraisons manufacturières de ce secteur représentent 2,8 milliards $ en 2019, soit près de la moitié des livraisons du secteur des viandes et 9 % des livraisons manufacturières de la transformation des aliments et des boissons.

Jusqu’à 800 volailles abattues chaque jour

Le problème du manque d’abattoirs au Québec est connu depuis longtemps. Ce manque d’abattoirs oblige le transport des animaux sur des centaines de kilomètres, affectant leur bien-être L’aide financière d’aujourd’hui représente du coup un appui aux personnes qui pratiquent une agriculture à plus petite échelle. Elle répond aussi aux besoins d’abattage de volailles, de lapins et de productions de spécialités.

Né en juin 2019, le projet vise l’émergence d’une agriculture écologique, de proximité, et qui vitalise les territoires et augmente l’autonomie alimentaire des communautés. Près de 800 volailles y seraient abattues chaque jour plutôt que 1200 à l’heure, comme c’est le cas dans les abattoirs industriels.

Les instigateurs du projet, dont Marc Séguin, artiste et réalisateur du documentaire La ferme et son État et cofondateur du projet, soutenaient l’automne dernier qu’avec une infrastructure à proximité et bien adapté à leur réalité, les agriculteurs augmenteront leur cheptel, d’autres diversifieront leur production, et de nouveaux agriculteurs s’installeront sur le territoire.

«Nous nous réjouissons de la réponse enthousiaste qu’a suscité le projet auprès de l’ensemble des partenaires et de la population. Il s’agit d’une preuve éloquente qu’il est possible d’avoir des idées novatrices au Québec, des projets rassembleurs qui mobilisent une grande diversité d’acteurs et de décideurs, et qu’ils seront accueillis avec ouverture. C’est une excellente période pour innover et faire preuve d’audace», déclare Marc Séguin, qui est aussi président du conseil d’administration de la coop de solidarité Le petit abattoir.

Texte de l’Initiative de journalisme local

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