Le pigeon Joe pourrait être un imposteur et aura finalement la vie sauve

Le pigeon Joe semble n’être qu’un imposteur et pourrait donc avoir la vie sauve.

On croyait que le visiteur trouvé le 26 décembre près de Melbourne, en Australie, provenait des États-Unis, et les autorités du pays voulaient l’exterminer pour écarter tout risque potentiel de contamination des oiseaux du pays.

Un anneau bleu qu’il porte à la patte portait à croire qu’il s’était perdu lors d’une course organisée dans l’Oregon, à 13 000 kilomètres de là, deux mois plus tôt.

Mais Deone Roberts, de l American Racing Pigeon Union, a indiqué vendredi que l’anneau est un faux. Le numéro qui est inscrit dessus est plutôt associé à un pigeon à bande bleue aux États-Unis, qui n’est pas l’oiseau trouvé en Australie.

«L’anneau en Australie est un faux et impossible à tracer, a dit Mme Roberts. Ils n’ont pas besoin de le tuer.»

Le ministère australien de l’Agriculture, qui est responsable de la biosécurité, a reconnu que l’oiseau — qui a été baptisé Joe en l’honneur du prochain président des États-Unis — porte un anneau contrefait à la patte.

«Après une enquête, le ministère a conclu que le pigeon Joe est fort probablement australien et qu’il ne constitue pas une menace de biosécurité», a-t-on indiqué par voie de communiqué.

Le ministère a ajouté ne pas avoir l’intention de pousser l’affaire plus loin.

Le premier ministre australien par intérim, Michael McCormack, avait précédemment prévenu qu’on ne devait s’attendre à aucune pitié si Joe provenait bel et bien des États-Unis.

«Si Joe est arrivé d’une manière qui contrevient à nos mesures strictes de biosécurité, alors c’est bien dommage, Joe: ou bien envole-toi vers chez toi, ou bien tu en subiras les conséquences», avait-il dit.

Martin Foley, le ministre de la Santé de l’État de Victoria, où Joe s’est installé, avait demandé la clémence du gouvernement fédéral, même si Joe risquait de propager des maladies.

«Je demanderais aux responsables de la quarantaine du Commonwealth de faire preuve d’un peu de compassion», avait-il dit.

Andy Meddick, un élu du petit Parti pour la justice animale dans Victoria, avait demandé «une grâce de pigeon pour Joe».

«Si le gouvernement fédéral permet à Joe de vivre, je serai heureux de m’assurer qu’il ne disparaîtra pas dans la nature (not a flight risk, en anglais)», a dit M. Meddick.

Le résidant de Melbourne qui a trouvé Joe dans sa cour, Kevin Celli-Bird, a été surpris par le changement de nationalité, mais heureux d’apprendre que le pigeon aurait la vie sauve.

«Je pensais que c’était une belle histoire et là ils voulaient le tuer, et je me disais que ce n’était pas bien, qu’il devait y avoir une autre option», a-t-il dit.

M. Celli-Bird avait communiqué avec l’American Racing Pigeon Union pour retrouver le propriétaire de l’oiseau à partir de l’anneau à sa patte. On retrouve sur ces anneaux un symbole et un numéro, mais M. Celli-Bird avait oublié le symbole et Joe était maintenant trop vigoureux pour se laisser capturer.

L’oiseau qui porte le véritable anneau est disparu lors d’une course de 560 kilomètres dans l’Oregon le 29 octobre, a dit son propriétaire, Lucas Cramer.

Cet oiseau n’était pas suffisamment performant pour qu’il vaille la peine de voler son identité, a-t-il ajouté.

«Il n’a pas fini la course, il n’a pas gagné d’argent, donc dans les faits il n’a aucune valeur», a dit M. Cramer.

Il a admis qu’un pigeon pourrait potentiellement traverser le Pacifique à bord d’un navire entre l’Oregon et l’Australie.

«Ça pourrait se produire, mais ce n’est pas le même pigeon. Ce n’est même pas un pigeon de concours», a-t-il dit.

Joe passe ses journées dans la cour de M. Celli-Bird, parfois en compagnie d’une colombe.

Lars Scott, de l’organisme Pigeon Rescue Melbourne, a dit que les pigeons portant des anneaux américains ne sont pas inhabituels près de la ville. Plusieurs éleveurs de Melbourne les achètent en ligne et les utilisent pour identifier leurs oiseaux, a-t-il dit.

Le gouvernement australien avait menacé, en 2015, d’euthanasier deux terriers du Yorkshire, Pistol et Boo, que la vedette hollywoodienne Johnny Depp avait fait entrer illégalement au pays.

Les deux chiens ont eu la vie sauve in extremis, en repartant de l’Australie à bord d’un jet privé.

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