Le plus grand conseil scolaire d’Ottawa reporte sa décision sur le port du masque

OTTAWA — Le plus grand conseil scolaire d’Ottawa a reporté sa prise de décision concernant le port du masque à l’école à la suite d’un débat animé.

Le conseil scolaire anglophone d’Ottawa-Carleton tenait une réunion extraordinaire mardi soir qui a viré au chaos après l’irruption de personnes venues bruyamment faire entendre leur opposition au retour du masque obligatoire en classe.

La présidente du conseil, Lyra Evans, disait vouloir entendre le point de vue de membres de la communauté et que les élus étaient prêts à adopter des amendements au besoin, mais ils ont perdu plus d’une heure de débat en raison de la perturbation par des manifestants.

«On ne devrait pas prendre une décision parce qu’une minorité bruyante veut crier, mais prendre une décision appuyée sur la meilleure information disponible», a-t-elle soutenu.

Les policiers ont dû intervenir pour expulser les personnes qui perturbaient l’ordre de la réunion après de vaines tentatives du personnel de sécurité leur demandant de quitter les lieux. Sur des vidéos publiées en ligne, on peut voir des manifestants anti-masque chanter, danser et crier pour enterrer les voix des administrateurs.

Une personne s’identifiant comme un parent est montée sur le podium pour affirmer que le masque était néfaste pour ses enfants. Certains ont plaidé que le faible nombre d’enfants portant un masque démontre que les parents ne veulent pas revenir en arrière.

«Nous ne pouvons pas avoir une discussion sur la meilleure manière de servir les élèves si vous ne croyez pas en l’efficacité des masques», a répliqué Mme Evans.

À peine 10 % à 15 % des élèves et du personnel des 143 écoles sous sa responsabilité portent régulièrement le masque, a révélé le conseil.

Katie Gibbs, dont le fils de six ans porte le masque à l’école, dit s’être branchée pour suivre la réunion en ligne. Elle soutient avoir été étonnée de ce qu’elle a vu.

«Je trouvais cela très troublant qu’une poignée de personnes puisse perturber les travaux d’un conseil scolaire élu démocratiquement», a-t-elle dénoncé.

Au printemps dernier, le conseil avait choisi d’imposer le masque et 80 % du personnel et des élèves respectaient la consigne. Selon Mme Evans, si le conseil décide de ne pas imposer le masque, les administrateurs devront défendre leur position.

Ces discussions sur le retour du masque en classe surviennent alors que l’on observe une forte hausse des cas de COVID-19, de virus respiratoire syncytial et d’influenza dans les hôpitaux pour enfants de la province.

Le médecin-hygiéniste en chef de l’Ontario, le Dr Kieran Moore, a fortement encouragé le port du masque dans les lieux publics, mais la province n’est pas allée aussi loin que de l’imposer.

Parallèlement, le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, était de passage dans une clinique de vaccination d’Ottawa mercredi afin d’encourager les parents et tuteurs à faire vacciner leurs enfants contre la COVID-19.

Alors que 80 % des enfants canadiens âgés de 12 à 17 ans ont été doublement vaccinés, à peine 17 % ont reçu leur dose de rappel. Parmi les enfants de cinq à 11 ans, seulement 41 % d’entre eux sont considérés comme adéquatement vaccinés et moins de cinq pour cent ont reçu une dose de rappel.

La médecin-chef de la santé publique d’Ottawa, Vera Etches, a mentionné aux journalistes que la décision d’imposer le masque revient à la province. Elle dit toutefois «recommander fortement» aux gens de porter le masque lorsqu’ils se trouvent dans un lieu public intérieur à Ottawa.

Le Conseil scolaire d’Ottawa-Carleton n’a pas annoncé la date de la prochaine réunion lors de laquelle le débat devra reprendre au sujet du masque.  

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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