Le PM souhaite le retour de la visite à la maison, quand les 65 ans + seront vaccinés

MONTRÉAL — Le premier ministre François Legault ouvre la porte «à la visite»: il aimerait qu’il soit à nouveau permis de recevoir ses proches à la maison quand tous les 65 ans et plus seront vaccinés contre la COVID-19.

En conférence de presse mardi, il a assuré qu’il «talonne» le Dr Horacio Arruda à ce sujet, afin d’avoir le feu vert de la Santé publique.  

«Je me dis, une fois que tous les 65 ans vont être vaccinés, j’espère qu’on va pouvoir recommencer à avoir de la visite à la maison.

«Il semblait me dire oui, avec des réserves», a dit M. Legault avec le sourire, jetant des regards un peu hésitants vers le directeur national de la santé publique, assis à ses côtés.

Notre «obsession», c’est de vacciner toutes les personnes vulnérables, a dit M. Legault. Et quand on aura vacciné toutes celles de 65 ans et plus, cela va changer la donne: «on sera dans une situation complètement différente», a-t-il assuré.

«On parle de semaines. Ça s’en vient», a-t-il dit.

Mais pour le Dr Arruda, la visite ne sera vraisemblablement pas permise à Pâques.

Trop tôt, dit-il. «On n’aura pas assez couvert l’ensemble de la population.» 

Il ne s’est pas avancé à prédire la date pour le retour de la visite à la maison: cela dépendra de la situation épidémiologique, du nombre de cas et du nombre de Québécois qui seront vaccinés, a-t-il indiqué. Mais pour lui, cette possibilité est envisageable, même si les 65 ans et plus n’auront à ce moment reçu qu’une seule dose de vaccin — une dose protège déjà beaucoup, dit-il. Et il y aura des conditions à respecter, annonce-t-il déjà.

La cadence va augmenter

Jusqu’à maintenant, malgré l’ouverture des centres de vaccination de masse, l’inoculation n’a pas dépassé un plafond de 20 000 doses par jour.

Mais le Québec recevra 1,1 million de doses des différents vaccins d’ici la fin du mois de mars, pour un total de 1,7 million depuis le début de la campagne de vaccination contre la COVID-19.

Cette semaine, pas moins de 200 000 doses devraient arriver en sol québécois.

Cela va permettre de bientôt annoncer, peut-être vers la fin de la semaine, que la vaccination sera ouverte à une autre tranche d’âge.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, espère que tous les 65 ans et plus seront vaccinés d’ici la mi-mai.

Et pour augmenter la cadence, il n’écarte pas la possibilité de vacciner 24 heures par jour. Toutes les options sont considérées, a-t-il dit mardi, soulignant que les centres de vaccination de masse permettent un tel rythme.

Il estime d’ailleurs que les pharmacies ont la capacité d’inoculer 100 000 personnes par semaine.

Le vaccin d’AstraZeneca

À chacun sa spécialité: le vaccin d’AstraZeneca servira à la vaccination à domicile, pour les personnes âgées ou vulnérables qui ne peuvent se déplacer, a précisé mardi M. Dubé, qui confirmait ainsi que ce volet prend bel et bien son envol.

Des 113 000 doses de vaccin d’AstraZeneca attendues cette semaine au Québec, environ 20 000 seront réservées pour l’inoculation à domicile.

Initialement, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) ne recommandait pas le vaccin d’AstraZeneca pour les personnes de plus de 65 ans.

Mais lundi, le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) a fait savoir dans un avis rendu public qu’il pouvait être utilisé pour les adultes, sans restriction d’âge.

Et même, qu’il serait ainsi «favorisé» pour des clientèles qui doivent être inoculées à la maison.

Il est idéal pour ce volet de la campagne québécoise de vaccination, selon le ministre, car il peut être déplacé facilement. Il n’est ainsi pas nécessaire qu’il soit congelé et peut être utilisé pendant 48 heures une fois la fiole entamée, a noté le CIQ.

Mardi, en conférence de presse, Dr Arruda a voulu dissiper les craintes devant cette apparente contradiction. «C’est un très bon vaccin», a-t-il dit, comparable à ceux de Moderna et de Pfizer en termes de prévention des hospitalisations et des décès.

Il a expliqué que le CCNI avait signalé ne pas avoir assez de données pour le recommander pour cette tranche d’âge des plus de 65 ans. Sauf que, soutient M. Arruda, il y a maintenant des données en provenance d’autres pays, dont le Royaume-Uni, qui utilisent le vaccin d’AstraZeneca pour les aînés.

Il dit s’attendre à ce que le CCNI change d’avis.

Le vaccin de Pfizer sera quant à lui principalement utilisé dans les centres de vaccination de masse et celui de Moderna dans les pharmacies. Quant à celui de Johnson & Johnson, qui vient tout juste d’être approuvé, M. Dubé préfère attendre les avis de Santé publique avant de lui assigner sa tâche. 

«On commence à avoir un arsenal bien garni», s’est réjoui le ministre Dubé.

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