Le policier de Calgary ayant tué Hefferman ne sera pas accusé

CALGARY – Les parents d’un homme tué par un policier de Calgary alors qu’il tenait une seringue dans une chambre d’hôtel se disent atterrés par la décision de la Couronne de ne porter aucune accusation dans cette affaire. Ils espèrent qu’aucune autre famille n’aura à traverser ce genre d’épreuve.

L’Alberta Serious Incident Response Team (ASIRT) — l’équivalent du Bureau des enquêtes indépendantes du Québec — estimait qu’il y avait assez de preuves pour porter des accusations contre le policier ayant tué Anthony Hefferman en mai 2015. La Couronne ayant jugé qu’elle serait incapable d’obtenir un verdict de culpabilité, en a décidé autrement.

«C’est un très, très triste jour pour les Albertains et les Canadiens, a commenté Pat Hefferman, le père de la victime. Un jeune homme a été tué par la police de Calgary et cela est caché sous un tapis.»

Anthony Hefferman avait 27 ans au moment de sa mort. Il a été atteint quatre fois, dont deux à la tête, dans une chambre d’un hôtel de la chaîne Super 8 situé près de l’aéroport de Calgary.

Selon son père, cette mort «n’était pas nécessaire» et prouve que la population ne peut pas avoir confiance en la police.

«Justice n’a pas été faite dans cette affaire. Anthony est mort. Quiconque devant faire affaire avec la police le fait à ses risques et périls. Les policiers confirmeront toujours ce qu’un de leurs collègues prétendra», a-t-il ajouté.

Cette mort fera l’objet d’une enquête d’un coroner qui pourra formuler certaines recommandations, mais la famille d’Anthony doute que celles-ci soient mises en oeuvre par la police.

L’ASIRT a raconté que l’hôtel avait appelé la police après avoir constaté que le jeune homme n’avait pas quitté sa chambre. Lorsque des agents sont arrivés sur les lieux, il tenait une seringue dans une main et un briquet dans l’autre. Il semblait intoxiqué.

Un premier policier a tenté en vain de le neutraliser à l’aide d’un pistolet à impulsion électrique. Tandis qu’un second agent s’apprêtait à l’imiter, un troisième a tiré sur l’homme à six reprises.

Ce policier a été affecté à des tâches administratives. Une enquête interne qui décidera de son sort est toujours en cours.