Le PQ revient sur l’affaire Legault-Wynne et présente une motion

QUÉBEC — La Coalition avenir Québec (CAQ) a rejeté une motion, mardi, qui rappelle aux élus qu’il est «inopportun» de rendre publiques des conversations privées avec des représentants d’autres gouvernements.

La motion, présentée par le député péquiste Nicolas Marceau, avait pour but d’embarrasser le chef de la CAQ, François Legault, qui s’était vu la semaine dernière affublé du sobriquet «Legault-Lagaffe». 

M. Legault s’est retrouvé dans la tourmente, vendredi, alors que la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, démentait son affirmation comme quoi elle était ouverte au plan de la CAQ de construire de nouveaux barrages au Québec pour exporter plus d’électricité en Ontario.

«Ce n’est pas vrai que j’ai dit que c’est un plan pour considération en Ontario, a-t-elle déclaré vendredi, en marge du conseil des ministres conjoint Québec-Ontario. Ce n’est simplement pas le cas. Je n’ai pris aucun engagement et j’ai même questionné l’impact environnemental d’un tel projet.»

Par ailleurs, Mme Wynne s’est désolée du fait que M. Legault fasse état d’une conversation privée. 

Les deux politiciens s’étaient rencontrés la veille, lors du passage de Mme Wynne à l’Assemblée nationale. Après la rencontre, M. Legault avait publié une photo sur internet accompagnée d’un gazouillis: «La première ministre de l’Ontario est ouverte au plan de la CAQ de construire de nouveaux barrages pour exporter plus d’électricité en Ont.».

Il a maintenu sa version des faits. Non seulement Mme Wynne s’est montrée ouverte au projet hydroélectrique de la CAQ, a indiqué le parti dans un communiqué, mais elle s’est même dite d’accord pour poursuivre les échanges à ce sujet.

Le premier ministre Philippe Couillard a affirmé que M. Legault avait «dénaturé» les propos de Mme Wynne pour ses propres «bénéfices politiques». Il a qualifié le geste de «faute grave».

Mardi, le Parti québécois (PQ) est revenu à la charge, en présentant la motion suivante: «Que l’Assemblée nationale rappelle à ses membres les bases élémentaires des relations diplomatiques à savoir qu’il est inopportun de rendre publiques, sans leur consentement, des conversations tenues en privé avec des représentants d’autres gouvernements.»

M. Marceau a dit craindre qu’à l’avenir, les dirigeants d’autres gouvernements n’acceptent plus de s’ouvrir. «Ce qui se dit dans la chaloupe doit rester dans la chaloupe», a-t-il martelé en entrevue téléphonique. 

«Il a fait une erreur. Maintenant on ne doit pas tous payer pour les erreurs qu’il a commises, a ajouté le député péquiste. Pensez-vous que Mme Wynne va revenir ici et se remettre à parler avec les gens aussi ouvertement qu’elle l’a fait? Évidemment pas. Elle a été échaudée.» 

Le gouvernement a appuyé la motion, suggérant de l’adopter sans débat. 

La CAQ a refusé de donner son consentement; la motion n’a donc jamais été débattue. Le dossier pour la CAQ est clos, a déclaré l’attachée de presse Émilie Toussaint.