Le PQ veut interdire les publicités sur les véhicules énergivores

QUÉBEC — Le Parti québécois (PQ) veut limiter, voire interdire, la publicité sur les véhicules énergivores, comme les camionnettes Ford F-150.

Il déposera un amendement au projet de loi 102 actuellement à l’étude afin d’encadrer la publicité sur les véhicules qui consomment beaucoup d’essence. Il a fait un parallèle avec l’encadrement et l’interdiction des publicités sur le tabac.

Le député péquiste Sylvain Gaudreault, qui a fait l’annonce de cet amendement mercredi, a notamment évoqué les publicités spectaculaires de camionnettes telles que le Ford F-150 ou des véhicules utilitaires sport (VUS).

Il a même évoqué de limiter «la promotion et la publicité» des véhicules à essence, de façon plus large.

«Est-ce que bannir la publicité (sur les véhicules énergivores) est la meilleure façon de lutter contre les changements climatiques? a demandé M. Gaudreault en commission parlementaire. Non, mais ça envoie un signal.»

La proposition du porte-parole péquiste en Environnement va dans le même sens que ce que suggère notamment l’organisme écologiste Équiterre, qui était en commission parlementaire mercredi.

Le porte-parole péquiste a rappelé que les publicités associent le produit à un style de vie, comme dans l’industrie du tabac à une certaine époque, alors même que le tabagisme était pourtant associé au cancer.

«Je vois des publicités de F-150 qui traversent des zones boueuses, des montagnes, mais jamais personne ne fait ça, sauf très rarement, pour certains travailleurs. C’est comme le Grand Schtroumpf qui amène sa communauté de Schtroumpfs en haut de la montagne, mais qui n’y arrive jamais, sauf qu’avec le F-150, on y arriverait.»

M. Gaudreault a laissé savoir qu’il voulait travailler la formulation de l’amendement à venir avec Équiterre.

Les représentants de cet organisme écologiste ont rappelé qu’ils avaient déposé en octobre un rapport pour renverser la tendance à la hausse du nombre de VUS sur les routes au Québec.

Le Québec s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 37,5 % en 2030 par rapport au niveau de 1990. Or entre 1990 et 2018, les émissions de GES des camions légers ont augmenté de 161 %, tandis que celles des voitures ont diminué de 9 %, note-t-on dans le rapport.

Équiterre réclame donc des mesures visant à réduire l’offre de gros véhicules. Il demande de contrôler la publicité sur les véhicules.

Par exemple, on suggère de rendre obligatoire l’affichage de la consommation d’essence et des émissions polluantes. On voudrait aussi limiter des représentations de la nature et des valeurs environnementales.

L’organisme réclame aussi indirectement une hausse des prix des carburants, en vertu du mécanisme de la tarification du carbone en place au Québec.

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