Un cabinet Legault sous le signe de la continuité, formé de 16 hommes et 14 femmes

QUÉBEC — Le premier ministre François Legault a présenté, jeudi, à l’Assemblée nationale, un cabinet sous le signe de la continuité, non paritaire, car composé de 16 hommes et de 14 femmes. 

«J’ai une confession: ce n’est vraiment pas facile choisir un conseil des ministres. Je vois tous les députés qui sont là. C’est un exercice humain qui est déchirant», a-t-il confié au Salon rouge.

Il a opté pour la stabilité en reconduisant dans leurs fonctions des valeurs sûres. On n’a qu’à penser à Christian Dubé (Santé), Eric Girard (Finances) et Pierre Fitzgibbon (Économie).

Ce dernier devient un super-ministre: il hérite également du ministère de l’Énergie, en plus d’arracher des mains de Chantal Rouleau le titre de ministre responsable de la métropole.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a réagi jeudi en disant y voir un «signal fort qui confirme la place centrale de Montréal dans les priorités du gouvernement». M. Fitzgibbon est député de Terrebonne.

M. Legault mise aussi sur des piliers, comme la vice-première ministre Geneviève Guilbault (Transports), Sonia LeBel (Trésor), Lionel Carmant (Services sociaux) et Simon Jolin-Barrette (Justice).

M. Jolin-Barrette conserve par ailleurs son titre de leader parlementaire du gouvernement. 

Il aura comme première tâche de négocier une place au Parlement pour Québec solidaire et le Parti québécois, qui n’ont pas obtenu assez de voix ni de sièges pour former des groupes parlementaires. 

Benoit Charette reste quant à lui à l’Environnement, et François Bonnardel, qui était aux Transports, passe à la Sécurité publique. Jonatan Julien devient responsable des Infrastructures et de la capitale nationale.

Parmi les recrues, notons l’arrivée au conseil des ministres de Christine Fréchette (Immigration), Kateri Champagne-Jourdain (Emploi), Martine Biron (Relations internationales) et Bernard Drainville (Éducation).

M. Legault fait également de la place autour de la table à Sonia Bélanger (Aînés), Suzanne Roy (Famille) et Pascale Déry (Enseignement supérieur), toutes des néophytes en politique provinciale.

C’est immanquable: la formation d’un conseil des ministres fait toujours des exclus et des mécontents. Lucie Lecours et Pierre Dufour ont tous deux été éjectés du cabinet.

Aucun élu de l’Abitibi-Témiscamingue ne siégera au conseil des ministres.

Jean Boulet a pour sa part été dépouillé d’à peu près toutes ses responsabilités. Il conserve toutefois le ministère du Travail. Jean-François Roberge perd l’Éducation, mais s’en va aux Relations canadiennes.

M. Roberge sera également responsable du dossier de la langue française, des institutions démocratiques et de l’accès à l’information.

Seul élu d’arrière-ban de la cuvée 2018 à être promu au Saint des saints, Christopher Skeete se voit confier le poste de ministre délégué à l’Économie et de ministre responsable de la lutte contre le racisme. 

Tout indique que l’ancienne ministre de la Culture, Nathalie Roy, sera envoyée à la présidence de l’Assemblée nationale. C’est Mathieu Lacombe qui hérite de son ministère.

Priorités

Dans un discours suivant l’assermentation de ses ministres, M. Legault a énuméré quelques-unes de ses grandes priorités, qui incluent l’éducation, la santé et l’économie.

Il a promis d’accélérer la transition énergétique et de présider lui-même un comité spécial sur la question. Il s’est par ailleurs dit sincère dans son désir de consulter les partis d’opposition et les groupes environnementaux.

«Il faut avoir les meilleurs (…) cerveaux, il faut tous les mettre ensemble autour de la table. Il faut que ce soit un projet commun et je m’engage à y mettre beaucoup d’énergie dans les prochains mois», a affirmé M. Legault.

Il a indiqué que son gouvernement allait présenter un mini-budget d’ici la fin de l’année, afin de redonner un peu d’oxygène aux Québécois, étouffés par la hausse du coût de la vie.

Le premier ministre concède qu’il ne s’est «pas toujours parfaitement exprimé» au sujet de l’immigration, mais qu’il fallait à tout prix «arrêter le déclin du français». «C’est non négociable», a-t-il dit. 

Les travaux de l’Assemblée nationale reprendront le 29 novembre prochain.

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