Le premier ministre en appelle à une «évolution tranquille»

Pour lutter contre le profilage racial de la part des policiers, François Legault a affirmé ne pas exclure l’idée d’équiper les policiers de caméras corporelles.

MONTRÉAL — Après la révolution tranquille, le Québec est «dû pour une évolution tranquille» sur la question du racisme.

C’est à cette évolution tranquille que le premier ministre François Legault a invité les Québécois, lundi, au lendemain de nombreuses et importantes manifestations populaires contre le racisme.

«Il y a beaucoup de gens, avec raison, qui sont choqués qu’encore une fois, on ait eu une vidéo d’un policier blanc qui tue un prévenu noir, que des policiers autour, blancs, ne fassent rien», a déclaré le premier ministre en ouverture de son point de presse quotidien, qui avait lieu à Montréal.

M. Legault a promis de présenter une politique contre le racisme «au cours des prochains jours», ajoutant qu’il ne «faut pas juste faire des beaux discours; faut agir».

«Je suis quelqu’un de pragmatique. Au-delà des beaux discours, je vais vouloir des solutions pragmatiques dans plusieurs secteurs pour qu’une fois pour toutes, on fasse la lutte à ce mal qui gruge notre société», a plaidé le premier ministre.

Systémique ou pas: «un débat de mots»

De nombreux intervenants et manifestants appellent le premier ministre Legault à reconnaître, à l’instar de son homologue fédéral Justin Trudeau, l’existence d’un racisme systémique au Québec, ce qu’il refuse de faire.

«Je veux éviter de tomber dans un débat de mots et de faire un procès aux Québécois. La majorité des Québécois ne sont pas racistes. Est-ce qu’il y a un système inconscient au Québec et quelle est la définition exactement qu’on doit donner? Les experts ne s’entendent pas, mais on s’entend sur le constat: la grande majorité des Québécois ne sont pas racistes, mais il y a du racisme au Québec et c’est urgent de combattre le racisme», a tranché le premier ministre.

Une de ses remarques laisse d’ailleurs croire que lui-même associe l’idée de racisme systémique à une condamnation de la société québécoise: «On n’est pas en train de faire le procès des Québécois. Il y a une grande majorité de Québécois qui ne sont pas racistes, mais il y a du racisme au Québec. Ce qu’il faut éviter, c’est de se diviser sur un ou plusieurs mots.»

Il avance, pour réfuter une éventuelle condamnation en bloc, que le Québec est au contraire très attaché à l’égalité: «Cette valeur d’égalité est peut-être encore plus profonde au Québec qu’à beaucoup d’endroits ailleurs dans le monde.»

M. Legault a abordé la question du profilage racial de la part des policiers, notamment en disant qu’il ne «faut pas exclure» l’idée d’équiper les policiers de caméras corporelles et que cette question sera aussi abordée dans les consultations sur le livre vert visant à revoir la pratique et l’organisation policière au Québec.

Manifestations et distanciation physique

François Legault a par ailleurs dit comprendre que des gens soient «choqués, inquiets» de voir une manifestation aussi importante en temps de pandémie, mais qu’il s’agissait d’une question d’équilibre.

«J’ai fait le choix de ne pas interdire ces manifestations. Je comprends très bien qu’il y a des Québécois qui ont le goût de manifester et qui ont un ras-le-bol.»

Le directeur national de la santé publique, le docteur Horacio Arruda, abondait dans le même sens, mais ne cachait pas une certaine inquiétude.

«Beaucoup de gens portaient des masques, mais les gens n’étaient pas à distance. Ça, ça me préoccupe. (…) On va voir quels sont les effets de ça. Ça me préoccupe, mais je ne suis pas en panique: ça s’est passé à l’extérieur, les gens portaient des masques en grande majorité et il y a moins de transmission, même dans la région de Montréal.»

Résultats «très encourageants»

D’ailleurs, un vent d’optimisme soufflait sur cette conférence de presse alors que les données dévoilées lundi faisaient état d’une réduction continue du nombre de décès et de nouveaux cas de COVID-19.

«C’est vraiment très encourageant, surtout dans le cadre qu’au cours des dernières semaines on a déconfiné un certain nombre d’activités», a fait valoir François Legault, qui a dévoilé que les rassemblements intérieurs seraient bientôt permis et les restaurants bientôt rouverts, avec des restrictions importantes dans les deux cas.

Le docteur Arruda a toutefois servi une mise en garde: «On ne peut pas dire que la première vague est derrière nous, parce qu’on ne peut pas encore voir tous les effets des déconfinements qui ont été faits».

«Les virus de ce type ont souvent des saisons, comme d’autres virus respiratoires. Ils sont forts à l’automne, l’hiver, au printemps et ça chute l’été. Peut-être que ce virus-là va se comporter comme ça», a avancé le médecin.

Relâchement des mesures dans les écoles et garderies à l’automne?

Horacio Arruda s’est particulièrement réjoui des résultats du déconfinement pour les enfants.

«Les enfants vont bien, les enfants des garderies, des écoles qui ont été ouvertes à l’extérieur (de la région de Montréal). Ça va nous aider à changer probablement même nos normes par rapport à la rentrée scolaire de l’automne et à être moins stricts envers les enfants.»

Signe que la situation s’améliore, le réseau a commencé à retourner des personnes âgées provenant de CHSLD qui avaient dû être hospitalisées, a confirmé la ministre de la Santé, Danielle McCann, tout en apportant des nuances importantes à ce mouvement.

«Le premier objectif qu’on a, c’est vraiment de stabiliser (la situation des CHSLD), donc de continuer et de compléter la formation des intervenants en prévention des infections et de faire en sorte que partout et notamment dans la grande région de Montréal, on ait les équipes nécessaires, les équipes dédiées.»

Elle a toutefois rappelé que ces équipes dédiées ne pourront être complétées avant que n’arrivent les 10 000 préposés aux bénéficiaires qui doivent être formés d’ici le 15 septembre et qu’«en attendant, c’est sûr qu’il y a des gens des CHSLD qui ont été hospitalisés et qu’on les ramène, mais vraiment à des conditions qui ont été bien évaluées par la santé publique. Aucun risque à prendre.»

«Au niveau des admissions, on va attendre pour le moment que la situation se stabilise davantage au niveau des CHSLD», a-t-elle précisé.

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Il n’y a pas de débats de mots sur le racisme systémique, c’est prouvé ad nauseam par plusieurs commissions d’enquête au pays et, en particulier, par la Commission Viens. L’attitude du PM n’augure pas bien pour l’avenir car la commission a fait plusieurs recommandations que le gouvernement aurait déjà dû mettre en œuvre au lieu de nier la réalité.

On sait aussi que le profilage raciale fait partie de la réalité de la police au Québec et il faut faire l’autruche pour ne pas le reconnaître. C’est le contraire du bon sens, alors qu’on devrait tout faire pour enrayer ces pratiques discriminatoires. Au lieu de mettre ses énergies dans la négation, le PM devrait les mettre à essayer de solutionner les problèmes.

L’extrême gauche criarde et revendicatrice a l’accusation très facile quand une notoriété ne veut pas se mettre à genoux devant SES conviction de détention de LA Vérité. On l’a vu avec Louis-Jean Cormier qui a plié l’échine quant à l’équilibre du nombre de vedettes féminines et masculines dans les galas artistiques. On l’a vu également quand on a accusé monsieur Legault de ne pas avoir participé à une parade de la Fierté Gaie il y a une couple d’années. Et combien d’autres exemples…
Si ces gauchistes ont la chance de lire la chronique de Sophie Durocher du lundi le 8 juin 2020, elle y donne un nombre considérable de personnalités publiques ¨noires¨ aimées du Québec tout entier.
Personnellement, j’apprécie particulièrement les Normand Brathwaite et Grégory Charles que je considère comme de gros travailleurs qui méritent leur renommée, position et appréciation. Rien n’est gratuit pour personne. Pas plus pour les ¨pétits blancs¨ que pour les ¨pétits noiws¨
Alors, qu’on cesse de FAIRE CROIRE au racisme systémique au Québec. Pour moi, c’est de la B…sh.t.
Je souhaite donc que notre P.M.Legault ne cédera pas à ce chantage minable qui finit pas exaspérer la majorité des québécois. Monsieur Legault, si vous êtes sincère dans votre croyance, n’allez surtout pas virer votre capot de bord sous cette pression malsaine et vous garderez l’appui du Québec entier.