Le premier ministre Trudeau Trudeau veut des réponses de la Chine

OTTAWA — Le premier ministre, Justin Trudeau, dit avoir plusieurs questions pour certains pays, notamment la Chine, au sujet de l’origine de la COVID-19 et de la façon dont ils ont réagi aux premiers jours de la pandémie.

«Depuis les débuts, nous savons que l’on va avoir des questions difficiles pour plusieurs pays, dont la Chine, sur les origines et le début de cette pandémie, comment ça s’est rendu à un niveau global, a-t-il déclaré au cours d’un point de presse, mercredi. En même temps, nous savons qu’une pandémie globale exige des réponses globales.

«Les différents pays doivent collaborer, travailler ensemble pour passer à travers. Et évidemment, des pays qui ne se comportent pas de la meilleure façon vont recevoir des questions. Il va y avoir des conclusions faites à leur égard. Et c’est tout à fait normal.»

Mercredi, M. Trudeau a laissé entendre qu’il presserait la Chine au sujet de la COVID-19 en moment opportun.

«Ma responsabilité maintenant et en tout temps, c’est d’assurer le bien-être, la sécurité des Canadiens, a indiqué le premier ministre. Et dans cette pandémie, nous nous devons de travailler avec tout le monde pour obtenir l’équipement de protection nécessaire, pour obtenir les partenariats nécessaires, pour pouvoir passer à travers. Oui, on va tous avoir des questions à répondre dans les mois à venir sur comment on s’est comporté depuis le début. Et ça comprend évidemment la Chine.»

M. Trudeau répondait à une question portant sur un article du Globe and Mail qui citait l’ambassadeur du Canada à Pékin, Dominic Barton, qui disait que la Chine était en train de s’aliéner plusieurs pays en raison de l’attitude autoritaire que ses diplomates ont adoptée à travers le monde.

Cet article indique également que Barton endosse une vérification vigoureuse de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la propagation de la COVID-19 une fois que le pire de la pandémie sera passé.

Aux États-Unis, l’administration Trump a accusé l’agence des Nations Unies d’avoir camouflé l’éclosion de la pandémie et prétend que la Chine a caché des informations à l’OMS.

Plus récemment, le président Trump et ses supporters ont mis de l’avant une théorie non fondée que le virus aurait été conçu dans un laboratoire de Wuhan.

L’envoyé Chinois à Ottawa, Peiwu Cong, a récemment déclaré à La Presse canadienne que la Chine appréciait l’attitude «calme» du Canada dans cette lutte à la pandémie, contrairement aux États-Unis, qui «dénigre» son pays.

Malgré cela, deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, sont détenus en Chine depuis plus de 500 jours en raison d’allégations d’avoir porté atteinte à la sécurité nationale, ce qui a eu pour effet d’augmenter les tensions entre Ottawa et Pékin.

Ils ont été emprisonnés en décembre 2018, après que le Canada eut arrêté la haute dirigeante de la compagnie Huawei Wanzhou Weng en vertu d’un mandat américain, plongeant les relations sino-canadiennes à un niveau jamais atteint.

Kenney en ajoute

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, s’est joint au mouvement anti-chinois en critiquant lui aussi la réaction de la Chine aux débuts de la pandémie et en priant le Canada et les États-Unis de faire équipe afin de ramener la production manufacturière en Amérique du Nord.

«Je crois que la Chine a joué un rôle significatif dans cette crise économique et sanitaire qui touche la planète entière, a-t-il déclaré. Je ne crois pas que nous devrions seulement oublier tout cela et tourner la page. Il doit y avoir une certaine imputabilité.»

Pour M. Kenney, le refus de la Chine de collaborer devrait être le signal pour les États-Unis et le Canada de cesser de se fier à la production chinoise pour une vaste majorité de produits, notamment les importantes fournitures médicales comme les masques, les respirateurs et ventilateurs, qui sont tous en pénurie à travers le monde au plus fort de la crise.

«Les pays occidentaux, dont le Canada et les États-Unis, doivent revoir leurs relations avec la Chine. Une partie de cette révision doit, à mon avis, passer par un effort délibéré pour rapatrier la production de fournitures indispensables.»

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