Le président de Juripop démissionne dans la controverse

MONTRÉAL — Le président et fondateur de l’organisme Juripop, Me Marc-Antoine Cloutier, quitte ses fonctions en raison d’une allégation d’inconduite sexuelle soulevée contre lui.

L’avocat en a fait l’annonce vendredi par le biais d’une déclaration dans laquelle il nie avoir quoi que ce soit à se reprocher. Il explique avoir remis sa démission dans le but de «protéger la réputation de Juripop dont la cause principale, l’accès à la justice, est la cause de (sa) vie».

En entrevue téléphonique à La Presse Canadienne, la directrice générale de l’organisme soutient que le départ de Me Cloutier était «la seule issue possible».

«Moi, je n’aurais pas pu continuer à faire mon travail sans ça», affirme Me Sophie Gagnon, qui assure que Juripop demeure un espace des plus sécuritaires.

Le fait que l’organisme soit lui-même éclaboussé dans le cadre de la présente vague de dénonciations témoigne selon elle de l’ampleur du fléau.

«Ce que ça illustre, c’est à quel point on fait face à un problème de société qui est pernicieux. Ça illustre aussi l’importance du travail qu’on fait.»

Juripop, qui favorise l’accès à la justice par des conseils juridiques gratuits et confidentiels partout au Québec, se spécialise entre autres dans la lutte aux violences sexuelles.

La clinique tient d’ailleurs à préciser que les faits allégués ne se seraient pas déroulés dans le cadre de ses activités. Ils seraient survenus il y a quelques années, à un moment où Me Cloutier occupait toutefois les fonctions de président de Juripop.

Aucun détail n’a été fourni sur la nature des allégations afin de respecter la volonté de la victime présumée, qui ne souhaitait pas se lancer dans un processus de dénonciation. Celle-ci ne serait pas une employée ou une avocate liée à l’organisme.

Me Gagnon rapporte que l’équipe en a été informée à la mi-juillet et que des démarches ont immédiatement été déclenchées pour pousser Marc-Antoine Cloutier vers la sortie, avec l’assentiment de la personne derrière les allégations.

Si cette dernière a pu s’ouvrir à eux, c’est grâce à la confiance que Juripop parvient à inspirer chez les victimes de violences à caractère sexuel, insiste Me Gagnon.

«On a pris ces actions-là pour qu’on puisse continuer à faire le travail qu’on fait depuis le mouvement #moiaussi, à accueillir ces personnes-là de manière sécuritaire et respectueuse», maintient-elle.

Dans sa propre déclaration, Marc-Antoine Cloutier a nié «tout geste inapproprié».

«Je n’ai rien à me reprocher et j’affirme avoir respecté le principe et la pratique du consentement et je continuerai de défendre ces valeurs qui me sont chères», a-t-il écrit.

«Une grande partie de ma vie militante a été consacrée à l’égalité homme-femme. J’espère de tout coeur que Juripop pourra continuer de protéger les victimes d’abus et de gestes criminels», a-t-il poursuivi.

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