Le président de la Bolivie Evo Morales annonce sa démission

LA PAZ, Bolivie — Le président bolivien Evo Morales a annoncé dimanche sa démission, à la suite des pressions de plus en plus fortes exercées par l’armée et la population alors que l’ONU se dit très préoccupée par la situation.

Sa victoire apparente aux dernières élections entachées d’irrégularités a provoqué des manifestations violentes au cours des dernières semaines.

M. Morales avait tenté de contrôler la situation tout au long de la journée, en annonçant notamment la tenue d’une nouvelle élection. La crise s’est approfondie lorsque le commandant en chef des armées boliviennes est apparu à la télévision nationale pour réclamer son départ.

«J’ai transmis ma lettre de démission à l’Assemblée législative de la Bolivie», a annoncé le leader de 60 ans dans un communiqué de presse.

Il avait revendiqué un quatrième mandat le mois dernier, plongeant le pays dans sa plus grave crise politique depuis son arrivée au pouvoir, il y a près de 14 ans. Les manifestations et les affrontements entre ses opposants et ses partisans ont tué trois personnes et blessé plus de 100 autres.

La journée s’était mal amorcée pour le dirigeant bolivien lorsque l’Organisation des États américains avait publié un rapport préliminaire faisant état de «nombreuses irrégularités» survenues lors de l’élection du 20 octobre et recommandé la tenue d’un nouveau scrutin.

M. Morales avait accepté de convoquer à nouveau les électeurs, mais le général Williams Kaliman a clairement fait savoir que cela n’était pas suffisant.

«Après avoir analysé la situation, nous demandons au président de démission, afin de permettre la pacification et le maintien de la stabilité, pour le bien de notre Bolivie», a-t-il déclaré.

La crise s’est alors escaladée de nouveau. Deux ministres, le président de la Chambre des députés et trois autres élus gouvernementaux ont annoncé leur démission. Certains ont accusé des partisans de l’opposition d’avoir menacé leur famille.

Le procureur général a aussi annoncé une enquête sur les juges du Tribunal électoral suprême.

Selon le ministre mexicain des Affaires étrangères, 20 membres du pouvoir exécutif et législatif bolivien se sont rendus dans la résidence officielle mexicaine dans la capitale pour demander.

Marcelo Ebrard a indiqué sur Twitter que le Mexique offrirait l’asile à Evo Morales s’il le demandait.

Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a reconnu via Twitter que «le président bolivien, Evo Morales avait eu une attitude responsable en préférant démissionner plutôt que d’exposer son peuple à la violence».

L’ONU préoccupée

Les Nations Unies ont déclaré que le Secrétaire général, Antonio Guterres, était profondément préoccupé par la situation en Bolivie.

Le porte-parole Stephane Dujarric a déclaré en langue espagnole qu’Antonio Guterres «exhorte toutes les parties concernées à ne pas avoir recours à la violence, à réduire les tensions et à faire preuve de la plus grande retenue possible».

Le porte-parole a ajouté qu’Antonio Guterres demande aux Boliviens à «s’engager à rechercher une solution pacifique à la crise actuelle et à garantir des élections transparentes et crédibles».

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