Le président de l’AMA veut que Montréal devienne un pôle de recherche antidopage

MONTRÉAL — Le président de l’Agence mondiale antidopage (AMA) veut que Montréal devienne un pôle de recherche mondial dans la lutte au dopage.

Craig Reedie a déclaré vendredi qu’il appuierait la création d’une chaire de recherche antidopage dans l’une des quatre universités montréalaises, ainsi que la naissance d’un groupe de réflexion spécialisé quelque part en ville, qui réunirait des chercheurs, des théoriciens ainsi que des analystes.

Il a déclaré devant le Conseil des relations internationales de Montréal qu’il aimerait une diversification des études portant sur différentes drogues de performance, et mettre en particulier l’emphase sur la manière dont l’intelligence artificielle pourrait faciliter les recherches antidopage.

«Dans le cadre de ce partenariat, de nombreuses recherches pourraient porter sur les méthodes de dopage ainsi que les substances qui sont, ou pourraient être, utilisées par des athlètes pour obtenir un avantage», a-t-il dit dans le cadre de son discours.

«Nous aimerions aussi que davantage de recherches soient orientées sur l’utilisation de l’intelligence artificielle pour recouper des données et dénicher des techniques de dopage.» 

Reedie a mentionné que le processus était déjà lancé, en référence à l’annonce de jeudi à l’effet que l’AMA et un fonds de recherche financé par le gouvernement du Québec financeront chacun à hauteur de 200 000 $ annuellement pendant les cinq prochaines années la recherche scientifique antidopage.

Il a reconnu que les récents événements, comme le scandale de dopage en Russie, avaient révélé la gravité du dopage institutionnalisé, et rappelé la nécessité pour l’AMA de poursuivre sa lutte aux vastes réseaux de dopage.

Reedie a ajouté que l’agence poursuivra son oeuvre auprès des écoles, des entreprises pharmaceutiques, des gouvernements et des chercheurs, et mentionné qu’elle avait déjà modifié ses règlements afin de reconnaître que le dopage implique un réseau qui va bien au-delà de l’athlète lui-même.

Reedie a confié que l’AMA tente aussi de se protéger des poursuites contre ceux qui sont épinglés, y compris par le biais d’un projet de loi d’initiative parlementaire qui a été présenté à la législature du Québec par un député libéral au début du mois.

L’AMA a annoncé l’automne dernier qu’elle garderait ses locaux à Montréal au moins jusqu’en 2031, après avoir brièvement envisagé de déménager de la métropole.

Mais six mois après l’annonce de novembre, Reedie a souligné qu’une entente finale n’était toujours pas conclue.

Il a précisé que les dirigeants mettaient à touche finale aux détails de l’entente, et que celle-ci devrait être conclue d’ici quelques semaines.