Le président de l’Assemblée, le caquiste François Paradis, annonce son départ

QUÉBEC — Le président de l’Assemblée nationale et député caquiste de Lévis, François Paradis, a annoncé vendredi qu’il ne sollicitera pas un troisième mandat. 

L’annonce de son départ survient le jour même où l’on apprend que l’animateur radiophonique Bernard Drainville se présentera comme candidat pour la Coalition avenir Québec (CAQ).

Un ancien animateur de télévision, François Paradis a fait son entrée à l’Assemblée nationale en 2014, devenant le porte-parole de la CAQ en matière de santé et de services sociaux. Il a ensuite été réélu en 2018. 

Son mandat à titre de président de l’Assemblée nationale de 2018 à 2022 aura été bouleversé par la pandémie de COVID-19; pendant de longs mois, un nombre limité d’élus ont siégé au Salon bleu.  

Dans un communiqué publié vendredi, M. Paradis s’est tout de même réjoui des changements en matière de transparence. Depuis l’automne dernier, l’Assemblée nationale publie ses dépenses ainsi que celles des élus.

Il a également souligné l’adoption de pratiques écoresponsables. Par exemple, les députés sont désormais encouragés à compenser les gaz à effet de serre (GES) générés dans le cadre de leurs déplacements.

Enfin, François Paradis s’est félicité d’avoir créé la Table citoyenne. «Cet exercice a mené à la production d’un document servant à alimenter la réflexion dans le cadre du processus de réforme parlementaire», a-t-il dit.

Or, ce vaste projet de réforme, présenté le 20 février 2020 par le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, n’a jamais eu de suite.

On reproche aussi à M. Paradis d’avoir marché sur des œufs, en 2019, dans le dossier du décorum et de la tenue vestimentaire à l’Assemblée qui impliquait la députée Catherine Dorion, de Québec solidaire (QS).

Hommages

Il reste que les hommages ont plu sur François Paradis, vendredi, en commençant par le chef parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, qui l’a remercié d’avoir fait preuve de «nuance et d’équilibre».

«J’ai toujours senti que François Paradis cherchait à trouver l’équilibre entre, oui, un respect nécessaire des règles qui sont celles du Parlement, mais aussi une protection des individus», a-t-il déclaré en point de presse. 

«J’ai vu François Paradis, par moments, aussi rappeler aux autres partis que l’acharnement envers Catherine à l’époque n’était pas souhaitable. Donc, moi, j’ai trouvé qu’il s’est bien comporté à cette époque-là.»

Le premier ministre François Legault a également tenu à rendre hommage à son député.

«Je suis très fier que François ait choisi de mettre son expérience et sa détermination au service des citoyens de Lévis et des Québécois pendant huit ans», a-t-il déclaré par communiqué. 

«Excellent communicateur, il a fait la différence à un moment charnière pour notre formation politique. Je veux également le remercier pour sa  grande rigueur à titre de président de l’Assemblée nationale», a-t-il renchéri.

La CAQ inélégante, dit Tanguay

Toutefois, les partis d’opposition n’ont pu que noter que la CAQ avait précipité l’annonce de M. Paradis.

«Je suis triste pour François Paradis, qui est obligé d’annoncer en catastrophe qu’il quitte. (…) Il faut laisser de la place à M. Drainville», a ironisé le député péquiste Pascal Bérubé.

Il a rappelé que c’était la deuxième fois que la CAQ procédait ainsi; en avril, le parti avait annoncé les départs des ministres Marguerite Blais et Danielle McCann alors qu’elles étaient au centre de la controverse.

«Il y a des ministres qui ont appris dans le journal aussi qu’elles ne se représentaient pas. Ce n’est pas la première fois qu’on bouscule un peu les gens. 

«François Paradis a fait un travail honorable, on est en mesure de l’apprécier. Je pense qu’il aurait mérité de faire une annonce après la fin de la session parlementaire», a lancé M. Bérubé.

Selon Marc Tanguay, du Parti libéral du Québec, la CAQ a fait preuve d’inélégance.

«C’est Bernard Drainville qui prend tout l’espace. (…) Je ne sais pas s’ils ont confirmé qu’il va prendre son comté, mais je trouve que c’est tout à fait inélégant face à un homme, François Paradis, qui est l’élégance même dans la démarche politique. Je lui lève mon chapeau.»

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