Le prêtre Erik Dejaeger, qui a agressé des enfants inuits, est débouté en appel

IQALUIT, Nunavut — Un ancien prêtre oblat emprisonné pour avoir agressé 22 enfants inuits dans des missions catholiques du Grand-Nord a été débouté en Cour d’appel.

Erik Dejaeger, âgé de 71 ans, continuera donc à purger sa peine de 19 ans de prison pour des crimes commis il y a 40 ans dans la communauté d’Igloolik, au Nunavut. Il avait été reconnu coupable en 2014 de 24 chefs d’accusation à caractère sexuel, et il avait plaidé coupable à huit autres chefs.

L’ancien prêtre oblat a soutenu en appel que le juge au procès avait mal évalué son témoignage et celui des plaignants. Il a également tenté de convaincre le tribunal que sa peine aurait dû être allégée compte tenu de la peine d’emprisonnement qu’il avait déjà purgée pour des crimes similaires commis à Baker Lake, au Nunavut.

La Cour d’appel du Nunavut a rejeté ces arguments, à la fin de la semaine dernière. Elle a également rejeté l’argument d’Erik Dejaeger selon lequel la peine devrait être réduite pour bonne conduite.

Le tribunal a souligné qu’il avait fui le Canada après avoir été accusé des agressions à Igloolik, et qu’il avait vécu illégalement à l’étranger pendant 17 ans — dans des communautés oblates en Belgique et en France. Il n’est rentré au Canada qu’après la décision de la Belgique de le déporter pour violations des lois de l’immigration.

Erik Dejaeger a finalement été reconnu coupable il y a quatre ans d’attentats à la pudeur, de séquestration illégale, de sodomie, de rapports sexuels illégaux et de bestialité avec un chien, des crimes commis entre 1978 et 1982. La plupart des 12 garçons et 10 filles étaient âgés de 8 à 12 ans, mais le tribunal a appris que ses victimes ont pu être âgées en fait de 4 à 18 ans.

Durant le procès, plusieurs des plaignants ont déclaré qu’Erik Dejaeger les avait obligés à avoir des relations sexuelles en leur disant que s’ils parlaient, ils brûleraient en enfer ou seraient séparés de leur famille. Le prêtre attirait aussi parfois des enfants affamés en leur offrant de la nourriture.

Lors des déclarations des victimes, avant le prononcé de la peine, des témoins ont décrit les séquelles mentales et physiques qu’ils traînaient toujours. Un homme a raconté que l’odeur de bois moisi le ramenait toujours dans la chaufferie de la mission où le prêtre l’avait violé. Beaucoup ont parlé de colère ou de dépression persistantes, et de tentatives d’échapper à ces douloureux sentiments en sombrant dans l’alcool et la drogue.

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