Le prince Harry donne plusieurs entrevues pour discuter de ses nouveaux mémoires

LONDRES — Le prince Harry a défendu sa décision de publier ses mémoires qui mettent à jour les divisions au sein de la famille royale britannique, affirmant qu’il s’agit d’une tentative de «s’approprier son histoire» après 38 ans de «manipulation et de distorsion» par d’autres.

Harry s’est entretenu avec le réseau britannique ITV pour promouvoir son livre, «Spare» («Le Suppléant» en français), qui a fait la une incendiaire de certains journaux avant même sa sortie officielle.

Dans l’entrevue, diffusée dimanche, Harry a accusé les membres de la famille royale de «coucher avec le diable» pour obtenir une couverture favorable des tabloïds. Il a affirmé que sa belle-mère Camilla, la reine consort, avait divulgué des conversations privées aux médias et a déclaré que sa famille était «complice» de «la douleur et la souffrance» de sa femme Meghan.

Il a également répété l’affirmation selon laquelle il y avait une «préoccupation» dans la famille royale au sujet de la couleur de peau de son enfant à naître après son mariage avec l’actrice américaine métisse Meghan Markle, et a déclaré que la monarchie britannique devrait revoir ses attitudes à l’égard de la race.

Harry et Meghan ont mentionné l’incident pour la première fois lors d’un entretien avec Oprah Winfrey en 2021. Ils n’ont pas identifié le membre de la famille qui a exprimé son inquiétude.

Harry a déclaré que l’incident était un exemple de préjugé inconscient plutôt que de racisme, ajoutant que la famille royale devait «apprendre et grandir» afin de faire «partie de la solution plutôt que du problème».

«Sinon, les préjugés inconscients entrent alors dans la catégorie du racisme», a déclaré Harry. Il a dit que «surtout quand vous êtes la monarchie – vous avez une responsabilité, et à juste titre, les gens vous tiennent à un niveau plus élevé que les autres».

Il a déclaré qu’un incident récent au cours duquel une ancienne dame d’honneur de la reine Élisabeth II a demandé à une femme noire britannique d’où elle venait «vraiment» était «un très bon exemple de l’environnement au sein de l’institution».

L’émission de CBS 60 Minutes a organisé un entretien avec le prince un peu plus tard, et ce dernier doit aussi à l’émission Good Morning America et au Late Show de Stephen Colbert.

Dans des extraits diffusés à l’avance, Harry a raconté au journaliste d’ITV Tom Bradby qu’il n’a pleuré qu’une seule fois après la mort de sa mère, la princesse Diana, lors de son enterrement en 1997. Il a affirmé s’être senti coupable de ne pas avoir montré d’émotion lorsque lui et son frère, le prince William, ont accueilli des foules de personnes en deuil devant le palais de Kensington, la maison londonienne de Diana.

Dans son livre, Harry blâme l’éthique intransigeante de sa famille, affirmant qu’il avait «trop bien appris (…) la maxime familiale selon laquelle pleurer n’est pas une option».

«Tout le monde pensait connaître notre mère, et les deux personnes les plus proches et les plus aimées d’elle étaient incapables de montrer la moindre émotion à ce moment-là», a-t-il déploré.

«Spare» est la dernière d’une série de déclarations publiques du prince et de sa femme Meghan Markle depuis qu’ils ont quitté la vie royale et déménagé en Californie en 2020. Ce départ a été engendré par ce qu’ils considéraient comme le traitement raciste contre Meghan, qui est métisse, et un manque du soutien du palais. Les mémoires font suite à une entrevue avec Oprah Winfrey et à un documentaire Netflix en six parties publié le mois dernier.

L’Associated Press a acheté un exemplaire en espagnol du livre avant qu’il soit publié dans le monde mardi prochain.

«Il y avait 50 000 bouquets de fleurs pour notre mère et là, nous serrions la main des gens en souriant, a déclaré Harry au journaliste d’ITV, Tom Bradby. J’ai vu les vidéos, c’est vrai, j’ai tout regardé en arrière. Et les mains mouillées qu’on serrait, on ne comprenait pas pourquoi leurs mains étaient mouillées, mais c’était toutes les larmes qu’ils essuyaient.

«Tout le monde pensait et avait l’impression de connaître notre mère, et les deux personnes les plus proches d’elle, les deux personnes les plus aimées d’elle, étaient incapables de montrer la moindre émotion à ce moment-là.»

Relation épineuse avec son frère

Dans les mémoires écrites par des prête-plume anonymes, le prince de 38 ans décrit la séparation acrimonieuse du couple de la famille royale en 2020, après que leur suggestion d’un rôle royal partiel a été rejetée. Harry oppose le retrait de la sécurité financée par les contribuables du couple au cas de son oncle, le prince Andrew, qui a été démis de ses fonctions royales en raison de son amitié avec le délinquant sexuel américain Jeffrey Epstein.

L’année dernière, Andrew avait réglé le procès d’une femme qui l’accusait de l’avoir agressée sexuellement alors qu’elle voyageait avec Jeffrey Epstein à l’âge de 17 ans. Le prince avait payé une somme non divulguée dans le cadre du règlement, mais n’avait pas reconnu avoir commis des actes répréhensibles.

Harry soutient que personne n’avait alors envisagé de retirer la sécurité d’Andrew malgré le «scandale honteux».

Le livre explore également le deuil de Harry à la mort de sa mère, ainsi que son impression d’avoir toujours joué le rôle de «réserve» royale, éclipsé par «l’héritier», son frère aîné William. Il raconte des disputes et une altercation physique avec William, révèle comment il a perdu sa virginité (dans un champ) et décrit avoir consommé de la cocaïne et du cannabis.

Il dit également avoir tué 25 combattants talibans alors qu’il était pilote d’hélicoptère Apache en Afghanistan – une affirmation critiquée à la fois par les vétérans militaires talibans et britanniques.

Les responsables royaux n’ont pas commenté les allégations, mais certains alliés de la famille ont réfuté les dires du prince Harry, la plupart de façon anonyme.

Dans l’interview d’ITV, Harry affirme vouloir la réconciliation avec la famille royale, mais que «la balle était dans leur camp».

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