Le procès pour terrorisme d’Ismaël Habib est ajourné jusqu’à la fin janvier

MONTRÉAL – Le procès d’Ismaël Habib, ce Québécois accusé d’avoir tenté de quitter le Canada pour participer aux activités d’un groupe terroriste, a été ajourné vendredi, jusqu’au 23 janvier.

La Couronne et la défense débattront alors l’admissibilité de la confession que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait arrachée à Ismaël Habib en février dernier.

Son avocat, Charles Montpetit, soutient que cet aveu — dans lequel Habib admet ses intentions de se rendre en Syrie pour joindre Daech (le groupe armé État islamique) — a été obtenu grâce à la tactique «Mr. Big» selon laquelle des agents d’infiltration se posent en criminels. Or, la Cour suprême avait tranché en 2014 qu’une telle stratégie ne pouvait être utilisée que sous des conditions strictes, jugeant qu’elle produit souvent de fausses confessions.

L’agent de la GRC qui a orchestré cette opération était le dernier témoin appelé à la barre par la Couronne. Il a détaillé les scénarios employés par la GRC afin de gagner la confiance de l’accusé de 29 ans.

Lors de son contre-interrogatoire, vendredi, l’agent a décrit le civil auquel les autorités ont fait appel pour se rapprocher de Habib. La source, un salafiste dans la quarantaine, est propriétaire d’une friperie autour de laquelle gravitent plusieurs membres de la communauté musulmane.

La GRC a eu recours à cet homme pour attirer l’accusé dans son piège, soit une organisation criminelle fictive, touchant la contrefaçon de passeports et le trafic humain

La source, décrite comme un «mentor», craignait que Habib ne soit un agent dormant de retour au Canada pour y commettre un acte terroriste, après qu’il lui eut fait part de son séjour en Syrie de 2013.

«L’objectif était d’obtenir de M. Habib une déclaration conforme avec l’information que les enquêteurs détenaient déjà à son propos», a-t-il exposé.

L’accusé a été arrêté pour la première fois en février dernier, à Gatineau, relativement à une affaire de violence conjugale. Il aurait menacé de faire exploser le véhicule de son ancienne petite amie si elle révélait qu’il souhaitait envoyer sa femme et ses enfants à l’étranger. Les accusations relatives au terrorisme ont été portées contre lui le mois suivant. Habib est également accusé d’avoir fourni de fausses informations aux autorités dans le but d’obtenir un passeport.

Le procès devrait reprendre en début mars, une fois que les juges auront statué sur la validité de la confession obtenue par les agents infiltrés.