Le processus des plaintes au Collèges des médecins est écorché dans un rapport

MONTRÉAL — Le processus des plaintes au Collège des médecins est écorché dans un rapport de consultation qu’il a lui-même dévoilé jeudi: il est perçu par le public comme étant trop complaisant, et trop agressif par les médecins sous enquête.

Et puis, médecins comme membres du public sont d’avis que les délais d’enquête sont longs, ce qui cause du stress à tous ceux qui sont impliqués.

Ce rapport découle d’une vaste démarche de consultation menée par le Collège en 2019, auprès du public, des médecins membres et d’une foule d’organisations — quelque 3000 personnes y ont participé.

Le rapport fait état de constats sévères sur l’organisation, reconnaît le président du Collège des médecins, le Dr Mauril Gaudreault, qui dit avoir l’intention de les prendre au sérieux.

«Le public ne pense pas que nous le protégeons de façon adéquate. Ça, c’est clair», a-t-il commenté en entrevue.

Mais il souligne aussi que le rapport fait état de perceptions: «la perception du public et celle de nos membres ne sauraient être classées entre vérité et fausseté», écrit-il d’emblée dans son introduction au rapport.

Les constats qui se dégagent de cette analyse serviront néanmoins au Collège à définir son rôle. Ce dernier annonce d’ailleurs un virage majeur. «Pas une légère courbe», précise le docteur.

«Oui, les constats sont sévères. Mais on va agir», et corriger le tir, promet-il. «Si l’année 2019 a été l’année de la consultation, l’année 2020 sera celle de l’action.»

Plaintes contre des médecins

Plusieurs témoignages reçus, tout comme les résultats du sondage, mettent l’accent sur le traitement des plaintes, tant au niveau des demandes d’enquêtes que du processus disciplinaire, peut-on lire dans le document. Le public parle de «justice à rabais» et d’impunité pour les médecins sous enquête. Les médecins, eux, parlent de «culture policière» et même d’intimidation de la part de certains syndics.

«Cela m’a surpris à quel point il y avait des commentaires négatifs», a déclaré le Dr Gaudreault.

Il explique que le public relève des problèmes de délais et de communication avec les syndics et que les médecins dénoncent plutôt leur attitude: «Je tiens à noter que la compétence des syndics n’a jamais été mise en doute».

Le Collège a l’intention de s’atteler à ce problème, soutient-il. Il veut améliorer la communication entre les syndics et les plaignants, notamment en faisant en sorte que ces derniers soient contactés dès la réception de leurs plaintes. Le Collège réfléchit aussi à une façon d’accompagner les plaignants, pour les aider dans la rédaction de leurs plaintes. Et, par souci de transparence, toutes les décisions disciplinaires seront désormais accessibles sur le site du Collège, ajoute son président.

Quant aux sanctions contre les médecins qui ont été qualifiées au cours des années de «bonbon» par certains, Dr Gaudreault rappelle qu’il ne peut s’immiscer dans ce processus.

Il rappelle aussi que la mission première de l’ordre professionnel est de protéger le public.

Mais il se dit étonné de l’incompréhension qui semble régner sur le rôle du Collège. Comme si pour les gens, le Collège, les fédérations médicales et le gouvernement, c’est du pareil au même, dit-il.

Les acteurs du milieu sociocommunautaire et plusieurs ordres professionnels encouragent de plus le Collège à se manifester sur la place publique lorsqu’il est question d’enjeux sociaux. La population a dit que le Collège aurait dû se prononcer sur certains grands changements initiés par le Dr Gaétan Barrette, alors ministre de la Santé, il y a quelques années, rappelle-t-il.

Dr Gaudreault promet que le Collège va se prononcer plus souvent sur de grandes questions qui touchent à la santé des Québécois et à la protection du public.

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