Le projet d’usine d’urée et de méthanol à Bécancour est abandonné

BÉCANCOUR, Qc — Les promoteurs du projet d’usine d’urée et de méthanol à Bécancour jettent l’éponge en raison de leur incapacité d’obtenir des coûts de construction fixes.

Dans un communiqué de presse publié en fin de journée lundi, ProjetBécancour.ag annonce «l’abandon de son projet» parce que l’entreprise n’a pas réussi à s’entendre avec ses fournisseurs de services d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction pour obtenir un prix fixe.

Selon le communiqué, la décision aurait été prise d’un commun accord entre tous les promoteurs. L’objectif d’obtenir un prix fixe avant le début du chantier visait justement à «diminuer le risque des promoteurs».

«Cette décision a été prise afin de protéger l’investissement des partenaires, qui incluait, entre autres, de l’argent public et celui des coopératives agricoles», peut-on lire dans le document.

Les partenaires en question sont d’abord le consortium appelé Entreprise IFFCO Canada ltée, composé de La Coop fédérée, d’Investissement Québec et de la société IFFCO, qui détient 50 pour cent des parts. L’autre moitié des parts appartient à Développement Nauticol Québec ltée.

Les promoteurs affirment avoir procédé par appel d’offres dans le but d’obtenir des prix fermes en génie, en approvisionnement et en construction, mais la démarche n’aurait «pas permis d’en arriver à une option viable pour le projet», selon une citation attribuée au porte-parole Benoît Bessette.

Ce projet remonte à plusieurs années. La première annonce a été effectuée par le gouvernement du Parti québécois, en 2012. On prévoyait alors la construction d’une usine d’engrais dès 2014. Au fil du temps toutefois, les coûts ont grimpé, passant de 1,2 milliard $ à plus de 2 milliards $, ce qui avait incité les promoteurs d’origine à mettre le projet en veilleuse en 2015.

Il a ensuite été relancé sous une nouvelle forme en 2017 en ajoutant notamment la production de méthanol à celle de l’urée. À l’époque, ProjetBécancour.ag prétendait que sa future usine pourrait créer jusqu’à 200 emplois directs.