Le Québec deviendra la première province à imposer un couvre-feu, dès 20 h

MONTRÉAL — C’est à compter de ce samedi, 20 h, que les Québécois se verront imposer un couvre-feu pour une période de quatre semaines, soit jusqu’au 8 février.

Le Québec deviendra ainsi la première province canadienne à imposer cette mesure à sa population dans l’espoir de reprendre un certain contrôle face à la pandémie. 

En empêchant les rassemblements, le gouvernement Legault espère ainsi freiner la transmission communautaire du nouveau coronavirus qui infecte en moyenne 2500 Québécois par jour depuis quelques semaines, surchargeant les hôpitaux de la province. Dans son bilan publié samedi avant-midi, Québec indiquait même avoir franchi la barre des 3000 nouveaux cas en une seule journée, soit 3127 nouveaux cas pour le 8 janvier et 41 nouveaux décès.

Le premier ministre François Legault s’est tourné vers les réseaux sociaux samedi pour expliquer, une fois de plus, l’importance de l’effort collectif supplémentaire réclamé.  

Sur sa page Facebook, il a rappelé que «la principale raison d’un couvre-feu, c’est d’empêcher les rassemblements, même les plus minimes».  

Le message du premier ministre dresse un portrait sombre de la situation, dans l’espoir d’obtenir la collaboration de tous les citoyens. 

«Nos hôpitaux se remplissent de malades de la COVID-19.  Des centaines de personnes sont aux soins intensifs, en train de lutter pour leur vie. Des dizaines de personnes en meurent tous les jours», peut-on lire dans sa déclaration.  

M. Legault rappelle que le réseau de la santé «approche le point de bascule» et que si la transmission de la COVID-19 se poursuit à ce rythme au Québec, «on ne pourra plus soigner que les cas les plus urgents».

Rappel et exceptions

La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a indiqué dans un gazouillis que les Québécois recevront «une communication Québec En Alerte» sur leur téléphone intelligent afin de leur rappeler l’entrée en vigueur du couvre-feu.

«Les policiers seront également très visibles ce weekend», a-t-elle ajouté sur Twitter.

À moins d’exercer un travail essentiel ou d’être sur la liste d’exemptions prévues par le gouvernement, toute personne qui circulera sur la voie publique entre 20 h et 5 h le matin s’exposera à une amende variant entre 1000 $ et 6000 $.

Cette liste d’exemptions est disponible sur le site www.quebec.ca .

Les Québécois auront donc la responsabilité de démontrer aux policiers qu’ils ont une bonne raison d’être à l’extérieur de leur résidence durant le couvre-feu s’ils se font interroger. 

La ministre Guilbault suggérait jeudi aux travailleurs essentiels d’être munis d’une lettre de leur employeur afin de faciliter le travail des policiers. 

D’ailleurs, un formulaire d’attestation de déplacements durant le couvre-feu est disponible sur le site du gouvernement pour simplifier la tâche des employeurs. 

S’adapter au couvre-feu

Certains services aux citoyens ont été modifiés afin de respecter la nouvelle mesure sanitaire.

C’est notamment le cas à la Société des traversiers du Québec (STQ), où l’on a dû modifier l’horaire de la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout.

La traverse de Matane offrira un seul aller-retour par jour entre les deux rives. L’horaire est disponible sur le site web de la STQ.

La Société des alcools du Québec (SAQ) ajuste aussi les heures d’ouverture de ses succursales Express afin de respecter le couvre-feu. Dès ce samedi 9 janvier, les succursales Express fermeront leurs portes à 19 h 30 plutôt qu’à 20 h. 

Quant aux commerces essentiels, comme les épiceries, ils devront fermer leurs portes au plus tard à 19 h 30 afin de permettre à leurs employés de retourner à leur domicile avant 20 h. 

Les pharmacies et les dépanneurs avec stations-service peuvent toutefois poursuivre leurs activités en soirée.

Les restaurants peuvent aussi livrer des repas après 19 h 30.

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