Le Québec en train de revivre les mêmes problèmes qu’au printemps, dit le PLQ

QUÉBEC — Le Québec est en train de revivre les mêmes problèmes qu’en mars, s’est inquiétée l’opposition libérale mardi, au premier jour de la session parlementaire.

Pour appuyer ses propos, le Parti libéral du Québec (PLQ) cite les délais dans le dépistage, le mouvement de personnel dans les résidences pour personnes âgées et les chirurgies reportées, entre autres.

«Les Québécois continuent d’attendre des heures pour se faire tester, a déploré sa porte-parole en santé, Marie Montpetit. Il y a trop de flou, trop de cafouillage et pas suffisamment de transparence.»

«On est au début de la deuxième vague et on semble revivre les mêmes problèmes que durant la première vague», a-t-elle martelé. 

Sa collègue Monique Sauvé a voulu savoir si le gouvernement pouvait garantir qu’il n’y avait plus aucun mouvement de personnel dans les résidences pour personnes âgées.

La réponse de la ministre responsable des Aînés n’était pas de matière à la rassurer: «On travaille là-dessus, mais il manque de personnel», a déclaré Marguerite Blais.

Plus tard, Mme Montpetit n’a guère semblé plus rassurée d’entendre le ministre de la Santé, Christian Dubé, dire qu’il sera difficile de reprendre le retard accumulé dans les blocs opératoires.

«On est peut-être à l’aube, en ce moment, d’enjeux de personnel infirmier, a lâché M. Dubé lors de la période des questions. Si on continue d’avoir des cas, on ne sera pas capable de mettre en place le plan.»

Par ailleurs, le Parti québécois (PQ) a reproché au gouvernement Legault d’avoir mal préparé la rentrée scolaire.  

«C’est le festival du n’importe quoi», a déclaré la porte-parole péquiste en éducation, Véronique Hivon.

Elle s’insurge contre le fait que des professionnels nettoient les toilettes au lieu d’apporter un soutien pédagogique aux élèves, tel que l’a rapporté la Fédération des professionnels de l’éducation du Québec.

«Quand le ministre de l’Éducation va-t-il enfin cesser d’improviser et planifier afin que les élèves du Québec ne soient pas, après les aînés des CHSLD, les nouvelles victimes de la COVID?» a-t-elle demandé. 

Pas moins de 223 écoles ont recensé au moins un cas confirmé de la COVID-19 depuis la rentrée, selon les données gouvernementales récemment mises à jour. 

On rapportait mardi 292 nouveaux cas de coronavirus dans la province, pour un total de 65 554.

Selon Québec solidaire (QS), l’augmentation des cas de COVID-19 vient du fait que le premier ministre François Legault a créé un «faux sentiment de sécurité» en parlant au printemps d’une crise dans les CHSLD.

«Les autres citoyens se disent: « Moi, je ne vis pas dans un CHSLD, mes grands-parents sont chez eux, il n’y a pas de problème », a déclaré Manon Massé. Ce faux sentiment de sécurité, il faut le déprogrammer maintenant.»

Les complotistes s’invitent dans le débat politique

La reprise des travaux à l’Assemblée nationale mardi a été mouvementée. Des centaines de manifestants anti-masques se sont de surcroît massés devant la Maison du peuple.

Certains d’entre eux brandissaient des drapeaux des États-Unis et des affiches du président américain Donald Trump.

Thierry Giasson, directeur du Département de science politique de l’Université Laval, prévient les députés qu’ils devront tenir compte du fait qu’environ 20 % de la population adhère aux thèses conspirationnistes.

«C’est énorme, s’est-il exclamé en entrevue téléphonique. C’est plus que les gens qui votent pour le Parti québécois, c’est plus que les gens qui votent pour Québec solidaire.»

Au moment où les travaux reprennent à l’Assemblée nationale, il va falloir «prendre acte» de la situation et parler à ces gens, insiste le professeur spécialisé en communication politique.

«Il semble y avoir (…) une préoccupation pour les notions de transparence, dit-il. Les gens disent que beaucoup d’informations (…) ne circulent pas.

«Je pense que si on fait preuve (…) d’ouverture et d’écoute, on peut peut-être penser établir un dialogue.» 

Des chercheurs de l’Université de Sherbrooke ont révélé lundi qu’environ 18 % des Canadiens adhéraient à des idées conspirationnistes au début de l’été.

Un sondage de l’Institut national de santé publique du Québec mené auprès de 1000 Québécois suggère en outre que 23 % des répondants croient que le virus causant la COVID-19 a été créé en laboratoire.

Rappelons également que 10 000 personnes ont manifesté samedi à Montréal contre le port du masque obligatoire et l’imposition de nouvelles amendes pouvant aller jusqu’à 6000 $.

M. Giasson estime que le gouvernement devra faire oeuvre pédagogique et «déconstruire» chacun des messages véhiculés par les complotistes, en se retenant de les traiter d’«illuminés».  

«Si on veut que les gens adhèrent à des consignes sanitaires, il va falloir qu’on leur explique clairement pourquoi», a déclaré M. Giasson lors d’un entretien où il était question de la rentrée parlementaire.

«Est-ce qu’il y a 20 % d’illuminés au Québec? J’espère que non, sinon on est mal parti.»

D’après lui, le gouvernement Legault a «peut-être compris» qu’il y avait un «enjeu de livraison du message». C’est désormais le ministre de la Santé, Christian Dubé, qui est le porteur du ballon.

«Il est très sympathique, le Dr (Horacio) Arruda, mais des fois, il a des problèmes de clarté, signale M. Giasson. Il est là, il ne disparaît pas, mais il parle moins.»

Laisser un commentaire