Le rapport de la Commission Laurent sera déposé «d’ici la fin de la semaine»

MONTRÉAL — Le ministre Lionel Carmant a confirmé mardi que le rapport de la Commission Laurent sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse lui sera remis «d’ici la fin de la semaine».

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux participait à une conférence de presse virtuelle de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), mardi, pour annoncer la poursuite du Plan municipal d’emploi qui vise à fournir des emplois aux jeunes de la DPJ.

Lionel Carmant a cependant précisé que ce sera à Régine Laurent, qui préside la commission, de déterminer le moment où elle rendra son rapport public. Il a tout de même précisé quelles étaient ses attentes par rapport aux conclusions de la commission.

Dans les heures suivant cette conférence de presse, le bureau de la Commission confirmait par voie de courriel que le rapport sera rendu public par Mme Laurent lundi prochain, le 3 mai.

La DPJ: de salle d’urgence à soins intensifs

«Je pense que ce qu’on veut voir, c’est vraiment (…) que la voix de l’enfant soit plus écoutée, que l’attachement de l’enfant soit mieux pris en charge», a-t-il dit.

Disant avoir l’intention de «desservir les enfants vulnérables tout de suite, avec plus de dépistage, plus de prévention», Lionel Carmant a dit vouloir également travailler davantage en amont de l’intervention de la Direction de la protection de la jeunesse, mais qu’une fois signalés «il faut que les services soient vraiment à la hauteur de la situation et pour ça, il faut que la DPJ arrête d’être la salle d’urgence des services sociaux, mais devienne vraiment les soins intensifs».

Le ministre a rappelé au passage que les six recommandations du rapport préliminaire de la Commission Laurent ont déjà été mises en application. 

Des emplois pour les jeunes de la DPJ

De son côté, la présidente de l’UMQ, Suzanne Roy, a lancé un appel à l’ensemble des municipalités québécoises pour qu’elles participent à la huitième édition du Plan municipal d’emploi, par lequel les municipalités réservent des emplois aux jeunes de la DPJ. Au fil des ans, quelque 500 emplois ont ainsi été offerts aux jeunes.

«C’est beaucoup plus qu’un emploi, c’est un investissement pour l’avenir», a-t-elle plaidé. 

Cette année, Mme Roy a confié que 90 emplois sont déjà offerts par une cinquantaine de municipalités, mais elle a fait valoir que ce chiffre pourrait gonfler avec une plus grande participation du milieu municipal.

Le programme est à coût nul ou presque: les municipalités réservent aux jeunes des emplois qui doivent être comblés de toute façon et le maillage se fait entre la ville et la DPJ de son secteur.

«Une petite chance qui fait toute la différence»

La journaliste Nancy Audet, auteure du livre «Plus jamais la honte; Le parcours improbable d’une petite poquée», elle-même une enfant de la DPJ, a déploré que les quelque 5000 jeunes qui sortent du réseau à chaque année «sont stigmatisés. On vit beaucoup de rejet. On hésite souvent à nous donner la petite chance et pour moi, pour ceux dans ma vie qui m’ont donné cette petite chance, ce premier emploi, cette première opportunité, ç’a fait toute la différence dans ma vie, la confiance que ça m’a donnée».

Elle a rappelé que ces jeunes n’ont souvent pas de réseau familial, de réseau d’amis et encore moins de réseau de contacts.

«À mes yeux, ce programme peut leur permettre d’entrer dans une municipalité,  d’occuper un emploi, de trouver des modèles, de trouver aussi un réseau pour les entourer, de leur donner cette poussée dans le dos dont ils ont besoin.

«Ce sont des jeunes qui sont attachants, ce sont des jeunes qui ont envie d’avoir une vie heureuse comme tous les autres jeunes. Ils n’attendent que ça, cette opportunité», a-t-elle conclu.

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