Le syndicat des grutiers veut voir le rapport du comité sur leur formation

MONTRÉAL — Le ministre du Travail, Jean Boulet, a reçu jeudi le rapport du comité chargé d’étudier l’aspect sécuritaire du fameux règlement sur la formation des grutiers, qui avait mis le feu aux poudres en juin dernier.

Son cabinet a confirmé la réception du rapport du comité indépendant, rédigé par Roger Lecourt et Gilles Trudeau.

Et déjà, le directeur de l’Union des opérateurs grutiers, Evans Dupuis, presse Québec de rendre public ce rapport et de préciser comment il entend intervenir.

«On attend tous ce rapport-là. On veut que le ministre le rende public pour qu’on en prenne connaissance et, après ça, voir quelle position il va prendre par rapport au comité indépendant», a-t-il affirmé au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne.

«Vu les présentations qu’on a faites, on a espoir que le comité a compris nos doléances et on a espoir que le rapport soit favorable à nos doléances», a plaidé M. Dupuis.

Le cabinet du ministre du Travail n’est pas prêt à le rendre public dès maintenant, puisqu’il l’a reçu jeudi après-midi. «Pour le moment, nous prendrons connaissance du rapport. Nous rencontrerons les experts et déciderons de la suite des choses», a fait savoir son cabinet.

Les grutiers avaient débrayé durant environ une semaine, en juin, paralysant l’ensemble des chantiers de construction du Québec. Il s’agissait d’une grève illégale, puisque les conventions collectives qui lient les associations patronales et les organisations syndicales de l’industrie de la construction sont en vigueur jusqu’en 2021.

Les grutiers, dont la majorité sont membres de la section locale 791G de la FTQ-Construction, contestaient un règlement qui a modifié les règles de leur formation. Ils soutenaient que cela pouvait poser problème pour la sécurité, tant celle du public que des ouvriers, ce qu’a toujours nié vigoureusement la Commission de la construction du Québec, qui avait consulté pour ce faire la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

La grève des grutiers avait débuté le jeudi 14 juin au chantier du nouveau pont Champlain avant de se généraliser à l’ensemble des chantiers, le lundi 18.

Malgré de nombreuses invitations à revenir au travail, tant de la Commission de la construction que du premier ministre Philippe Couillard, de la FTQ-Construction et du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), voire de la centrale syndicale FTQ, les grutiers n’étaient pas revenus au chantier.

Ils avaient persisté, même après une ordonnance de retour au travail prononcée par le Tribunal administratif du travail, juste avant le congé de la Saint-Jean.

Ils étaient finalement revenus au chantier le mardi suivant.

C’est dans ce contexte que, le 18 juillet, le ministère du Travail avait annoncé la mise en place d’un comité indépendant sur l’aspect sécuritaire du règlement. Mais ce n’est que le 28 septembre qu’il avait nommé MM. Lecourt et Trudeau à la tête du comité. Le comité avait tenu des consultations publiques sur invitation les 17, 18 et 19 décembre dernier à Montréal.