Le recteur de l’Université d’Ottawa tente d’apaiser la grogne à son endroit

OTTAWA — Sous le feu des critiques, le recteur de l’Université d’Ottawa a lancé deux chantiers pour tenter d’apaiser la grogne à son endroit et à l’endroit de l’institution. 

Dans une vidéo mise en ligne mercredi, Jacques Frémont a annoncé que l’ancien juge Michel Bastarache a accepté de présider un groupe de réflexion «qui examinera les leçons à tirer des incidents récents survenus (à l’Université d’Ottawa) et ailleurs au Canada».

M. Bastarache, qui a siégé au plus haut tribunal du pays, aura le mandat d’aller à la «rencontre» de la communauté universitaire pour faire le point sur les récentes controverses entourant l’institution. Un rapport suivra avant la fin de cet été et sera rendu public. 

M. Frémont a également confié au vice-recteur International et Francophonie, Sanni Yaya, la tâche «mobiliser les forces vives francophones» sur le campus afin de bonifier le plan d’action pour la francophonie à l’Université d’Ottawa dévoilé en 2019. 

Le recteur de l’université a fait ces annonces alors que les appels à sa démission se multiplient. 

Mercredi, plus de 8000 personnes avaient signé une pétition en ce sens. L’instigateur de cette pétition, Louis-Joseph Brouillard, déplore «l’inaction» du recteur à l’endroit du professeur Amir Attaran en comparaison avec «son action rapide et démesurée» dans le cas de Verushka Lieutenant-Duval.

Mme Lieutenant-Duval avait été suspendue pour l’utilisation du «mot commençant par la lettre « n »» dans le cadre pédagogique d’un de ses cours, alors que M. Attaran, qui a comparé le Québec à «l’Alabama du Nord» sur Twitter, entre autres, n’a pas eu de sanctions à son endroit.

Les propos de M. Attaran avaient notamment été dénoncés par le premier ministre canadien Justin Trudeau, qui avait lancé: «Ça va faire, le Québec bashing».

Le premier ministre du Québec, François Legault, s’était dit «déçu» de voir que le recteur Frémont n’avait pas condamné les propos de son professeur. 

Mercredi, M. Frémont a semblé dénoncer les propos de M. Attaran, sans le nommer. 

«On ne le dira jamais assez: le ton, les procédés rhétoriques et la forme outrancière de certains gazouillis publiés ces derniers jours et qui reproduisent les préjugés envers le Québec et les Québécois sont rigoureusement inacceptables», a-t-il dit. 

Il a ajouté que les débats des derniers mois «ont aussi démontré la richesse et les défis d’une université bilingue», défis qui vont bien au-delà des langues parlées, «mais par un bagage culturel souvent convergent, mais parfois différent».

En faisant ses annonces mercredi, M. Frémont a voulu lancer un appel au calme. 

«J’espère que nous puissions mettre de côté nos différends et participer de bonne foi aux deux chantiers que nous lançons aujourd’hui. Ces espaces de réflexion, nous nous les devons en toute urgence pour façonner notre avenir», a-t-il dit. 

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