Le régulateur européen se dit convaincu des avantages du vaccin d’AstraZeneca

BRUXELLES — Avec l’augmentation des cas de coronavirus dans de nombreux endroits, les gouvernements étaient confrontés mardi au plus grave des dilemmes: poursuivre avec un vaccin connu pour sauver des vies ou suspendre l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca en raison de cas de caillots sanguins dangereux chez quelques receveurs, même si le régulateur européen a affirmé qu’il n’y avait «aucune indication» que son administration en était responsable.

Cela a créé un fossé irrégulier à travers le monde, obligeant les politiciens à évaluer les risques pour la santé de l’arrêt des injections à un moment où de nombreux pays, en particulier en Europe, ont déjà du mal à surmonter les obstacles logistiques et l’hésitation à la vaccination de leurs populations.

La Suède a été mardi la dernière à rejoindre un groupe de plus en plus important de pays de l’Union européenne préférant la prudence à la vitesse, alors même que la directrice générale de l’Agence européenne des médicaments déclarait que l’organisation était «fermement convaincue» que les avantages du vaccin d’AstraZeneca l’emportaient sur les risques.

Emer Cooke a souligné mardi que des milliers de personnes à travers l’UE développent des thromboses chaque année pour diverses raisons et qu’aucun rapport d’augmentation des caillots sanguins n’a été signalé dans les études cliniques du vaccin d’AstraZeneca. Tout de même, les experts doivent mener une «analyse très rigoureuse» et feront une recommandation jeudi, a-t-elle indiqué.

L’Europe a le luxe de pouvoir choisir parmi plusieurs candidats vaccins — mais la décision n’est toujours pas facile sur le continent, où la transmission du virus est à nouveau en hausse et où les campagnes de vaccination ont trébuché à plusieurs reprises.

Le choix peut être encore plus difficile ailleurs, car de nombreux pays comptent beaucoup sur le vaccin d’AstraZeneca, qui est moins cher et plus facile à gérer que certains autres vaccins. Le vaccin a jusqu’à présent joué un rôle énorme dans l’initiative mondiale visant à garantir que les vaccins parviennent aux pays les plus pauvres connue sous le nom de COVAX.

La difficulté de la décision était claire en Thaïlande, premier pays hors d’Europe à suspendre temporairement l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca, pour ensuite se rétracter mardi — lorsque son premier ministre a reçu une dose.

«Il y a des gens qui ont des inquiétudes», a déclaré Prayuth Chan-ocha après avoir reçu le vaccin. «Mais nous devons croire les médecins, croire en nos professionnels de la santé.»

De nombreux autres pays d’Asie ont également écarté les inquiétudes, bien que l’Indonésie ait arrêté l’utilisation du vaccin cette semaine, affirmant qu’elle attendrait un rapport de l’Organisation mondiale de la santé sur la question.

Par Raf Casert et Frank Jordans – The Associated Press

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