Le républicain Donald Trump pourrait échapper la victoire au Wisconsin

MEDFORD, Wis. — Autrefois confortable, l’avance de Donald Trump dans les sondages dans l’État clé du Wisconsin s’est réduite à peau de chagrin avant de disparaître complètement. Et même dans la banlieue de Milwaukee, longtemps dominée par les républicains, les appuis envers le président sortant ont aussi dégringolé.

Même ses partisans sont loin d’être convaincus que M. Trump pourra refaire le plein d’électeurs dans un État où les zones rurales peu peuplées pourraient ne pas être suffisantes pour rattraper le terrain perdu.

Le chemin vers la victoire est de plus en plus complexe pour Donald Trump au Wisconsin — un État qu’il avait remporté de justesse en 2016.

«C’est un gros défi, reconnaît Whit Ayers, une sondeuse d’expérience du parti républicain. Il y a beaucoup plus d’États qui pourraient basculer d’un côté comme de l’autre qu’en 2016. Et dans plusieurs de ces États, Donald Trump avait gagné confortablement lors de la dernière élection.»

Peu d’États sont aussi importants que le Wisconsin pour Donald Trump s’il désire obtenir un deuxième mandat. En 2016, il y avait remporté le vote populaire par 23 000 votes sur près de trois millions de bulletins remplis. Le Wisconsin n’avait pas voté pour un candidat républicain à la présidence depuis 1984.

Les partisans républicains ne sont pas rassurés lorsqu’ils observent la chute des intentions de vote du président dans les sondages. «Est-ce que M. Trump et les républicains peuvent se permettre de perdre? C’est la grande question, et je n’ai pas de bonne réponse», convient un cadre du parti au Wisconsin, Jim Miller.

Un scénario similaire se déroule dans d’autres États comme le Michigan et la Pennsylvanie. M. Trump devra réussir une remontée au cours des dernières de la campagne s’il veut retourner à la Maison-Blanche.

Pour parvenir à convaincre les électeurs, Donald Trump mise notamment sur la nomination de la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême et sa rhétorique sur la loi et l’ordre. Pour les stratèges républicains, ces deux thèmes aident le président sortant à limiter ses pertes dans le Wisconsin.

«Nous ne perdons pas des électeurs. Ils sont simplement indécis», soutient un directeur de l’organisation de Donald Trump, Nick Trainer.

M. Trump avait prévu de se rendre à Green Bay pour faire campagne samedi dernier, mais un test positif à la COVID-19 l’a forcé à annuler ses plans.

La faible avance à laquelle s’accrochait M. Trump dans le Wisconsin s’est effondrée selon les résultats d’un sondage mené par l’Université Marquette, publié mercredi. Les stratèges du parti républicain savent aussi qu’il reste peu de temps à M. Trump pour renverser la vapeur.

«Il mène dans la région de Green Bay, mais ce n’est pas assez pour lui permettre de remporter l’État au complet», souligne Scott Jensen, un ex-membre républicain de l’Assemblée législative du Wisconsin.

Selon lui, M. Trump devra chercher à convaincre l’électorat de la banlieue de Milwaukee à voter pour lui de nouveau.

Le fils du président, Eric, sera la tête d’affiche de rassemblements prévus lundi à Menominie Falls, au nord-est de Milwaukee, et à Milton, dans le centre du Wisconsin.

Un représentant républicain du Wisconsin, John Nygren recommande au camp Trump d’éviter les banlieues.

«Je ne veux pas lui manquer de respect, mais il vaut mieux qu’il ne se rende pas dans les banlieues. S’il ne fait pas la manchette, les gens oublieront peut-être leurs inquiétudes à son sujet.»

M. Jensen craint que la personnalité abrasive du président lui nuise au Wisconsin.

«C’est une question de style. La base traditionnelle républicaine est composée de professionnels diplômés à qui le style du président ne plaît pas.»

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