Le retour de la F1 marque un vrai retour à la normale pour le tourisme montréalais

MONTRÉAL — Pour les amateurs de course automobile qui déambulent dans le centre-ville de Montréal afin de zieuter les véhicules de luxe et de profiter de l’ambiance festive entourant le retour du Grand prix de Formule 1, ce week-end tombe particulièrement à point.

«On se sent comme en 2019, on revient à la normale», a décrit Alfredo Monsivais, un Montréalais rencontré alors qu’il admirait une Alfa Romeo verte exposée sur la rue Peel, jeudi après-midi.

La course de dimanche sera le premier Grand prix du Canada organisé en trois ans puisque la pandémie de COVID-19 a forcé l’annulation des deux événements précédents.

Les journées qui précèdent la course sont toujours spéciales, souligne le copropriétaire du restaurant Chez Delmo dans le Vieux-Montréal, Benoit Dessureault. Après les longs hivers montréalais, la course marque officiellement pour lui le début des activités estivales.

«C’est presque comme sortir de son hibernation, a-t-il imagé en entrevue jeudi. On voit arriver cette foule festive, bien habillée, avec de l’argent à dépenser et qui dit: « Réveille-toi Montréal, c’est le temps de faire la fête! »»

Un grand prix, c’est aussi bon pour les affaires, reconnaît le restaurateur. Lors d’une soirée régulière, Chez Delmo sert environ 70 clients dans sa salle à manger de 60 places. Mais en ce long week-end de F1, ce sont quelque 150 convives qui vont défiler chaque soir.

«La valeur de la facture moyenne grimpe, on vend plus de champagne, il y a plus de consommation d’alcool, on vend plus de produits de luxe, de vin, etc., énumère l’homme d’affaires. C’est la deuxième meilleure période de l’année après la veille du jour de l’An.»

Ce grand retour de la F1 réjouit également les établissements hôteliers de la métropole, comme le souligne PDG de l’Association des hôtels du grand Montréal, Jean-Sébastien Boudreault.

«(Pendant la pandémie), il y a eu des mois où notre taux d’occupation tournait autour de cinq pour cent, a-t-il rappelé jeudi. Ç’a été extrêmement difficile pour nos hôteliers.»

Ce week-end, a-t-il mentionné, les taux d’occupation vont atteindre 96 % et le prix moyen des nuitées s’élève à environ 500 $.

Le Grand Prix est l’un des week-ends les plus occupés de l’été, comme le sont ceux du début du Festival international de jazz ainsi que d’Osheaga.

Cette fête ne vient toutefois pas sans frais pour les contribuables. En 2017, les trois paliers de gouvernement ont annoncé des investissements de 98,2 millions $ afin de conserver l’événement à Montréal jusqu’en 2029. Cette entente a été prolongée de deux ans en 2021 afin de récupérer les courses annulées en raison de la pandémie. Québec et Ottawa ont cependant dû allonger 51 millions $ de plus.

D’après Moshe Lander, qui enseigne l’économie à l’Université Concordia, bien que le Grand Prix constitue un «grand événement», il estime que ses retombées financières sont surestimées.

Si la course peut entraîner un sursaut dans les chiffres d’affaires de certains, l’impact total demeurerait plutôt faible par rapport à l’ensemble de l’économie de la ville, selon lui.

«Si la F1 n’était pas là, ce n’est pas comme si aucun touriste n’allait venir à Montréal, a-t-il développé. Ce serait simplement un différent groupe de touristes.»

Il ajoute que les hôtels sont toujours très achalandés à Montréal en été, ce qui veut dire que lorsque des gens viennent pour la F1, ils ne font que prendre la place d’autres visiteurs qui viendraient pour voir les arts de la ville ou participer à un événement culturel.

Croisée sur la rue Crescent, Stephannie Urrutia qui déambulait avec sa mère Ingrid Estrada, toutes deux habillées aux couleurs de Ferrari, a simplement lancé qu’elle était heureuse de revoir les gens et le retour d’un sport qu’elle adore.

«Ça fait vraiment du bien de retrouver ça après une pandémie», a-t-elle mentionné.

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