Le scandale du Soulpepper: un signal d’alarme pour le monde du théâtre

TORONTO — Des compagnies de théâtre estiment que les poursuites pour harcèlement sexuel à l’endroit de la compagnie torontoise Soulpepper Theatre et de son directeur artistique et cofondateur Albert Schultz doivent servir de signal d’alarme pour le secteur.

Ces compagnies affirment qu’elles travaillaient déjà à mettre en place des politiques pour contrer le harcèlement sexuel en milieu de travail plusieurs mois avant que quatre actrices aient déposé des poursuites, cette semaine, accusant Albert Schultz d’inconduites sexuelles.

Albert Schultz a démissionné de son poste au Soulpepper Theatre, jeudi, et a indiqué qu’il allait se défendre «farouchement» contre les allégations.

Le Centre national des arts, à Ottawa, explique que la situation au Soulpepper l’a mené à réexaminer sa propre politique à ce sujet, cette semaine.

La Canadian Actors Equity Association affirme avoir participé à plusieurs initiatives sur cet enjeu dans les 18 derniers mois.

Le syndicat ajoute qu’une rencontre de gens impliqués dans le milieu des arts de la scène aura lieu plus tard ce mois-ci afin de discuter de mesures à prendre à l’échelle de l’industrie.

L’organisation a également lancé une campagne antiharcèlement intitulée «Not in Our Space» («Pas dans notre espace») et note que plusieurs compagnies s’y sont ralliées pour appuyer les artistes.

Le théâtre torontois Buddies in Bad Times a déclaré que les développements de cette semaine ont provoqué une onde de choc dans l’industrie, qui mènera, espère-t-on, à une discussion nécessaire sur ces enjeux.

De nouvelles allégations

Par ailleurs, de nouvelles allégations contre la gouvernance de M. Schultz ont fait surface, vendredi. Cette fois-ci, c’est la dramaturge et auteure Ann-Marie MacDonald qui dit avoir subi «de l’exploitation, de l’intimidation et du harcèlement» lors de son passage à la compagnie Soulpepper Theatre, en 2009, alors qu’elle était actrice.

Mme MacDonald a publié un message sur Facebook, dans lequel elle raconte son expérience au sein de la production très connue «Top Girl». Elle était alors responsable de soulever auprès de la direction des problèmes qui affectaient les membres du syndicat.

Elle allègue que la direction «a ri» des préoccupations de certains sur une soirée de financement où les actrices étaient mises aux enchères.

Les actrices n’avaient pas été informées de cette activité à l’avance, et il y avait chez elles une «forte volonté» de ne pas assister à ces soirées.

«J’ai parlé de ces inquiétudes à la direction de Soulpepper et j’ai été vraiment surprise et bouleversée de voir que ces préoccupations n’étaient pas les bienvenues», a-t-elle écrit.

Elle a ensuite fait une plainte formelle au syndicat, ce après quoi la compagnie s’est excusée. Mais les soirées de financement ont eu lieu comme prévu.

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