Le Sénat fait pression sur Ottawa pour que les ONG puissent aider en Afghanistan

OTTAWA — Des sénateurs intensifient leurs pressions sur le gouvernement pour qu’il explique pourquoi Ottawa empêche toujours les ONG de répondre aux crises humanitaires dévastatrices en Afghanistan.

La sénatrice conservatrice Salma Ataullahjan a persuadé ses collègues du Comité sénatorial permanent des droits de la personne de tenir des audiences, le mois prochain, sur les règles fédérales qui interdisent aux organismes non gouvernementaux (ONG) de travailler sur le terrain en Afghanistan, sous peine de poursuites.

Les talibans, inscrits sur la liste canadienne des «entités terroristes», ont pris le contrôle de l’Afghanistan à l’été de 2021. Or, des ONG affirment que les autorités canadiennes leur ont affirmé qu’ils ne pouvaient plus payer personne en Afghanistan, ou y acheter des biens, car payer des taxes dans ce pays équivaut, selon Ottawa, à soutenir une organisation terroriste.

D’autres pays ont été confrontés au même problème il y a des mois, mais ils ont depuis modifié leurs lois pour préciser que l’acheminement de l’aide humanitaire n’entraînera pas de poursuites. L’Organisation des Nations unies a publié une directive semblable pour son personnel.

Un comité de la Chambre des communes avait demandé au gouvernement en juin dernier de trouver une solution, mais aucun échéancier ni plan n’a été publié jusqu’ici, même si Ottawa discute régulièrement avec des responsables talibans.

Selon l’ONU, près de 60 % de la population afghane a besoin d’une aide humanitaire pour faire face à l’effondrement des systèmes alimentaires et de santé, dû à la crise économique, aux catastrophes naturelles et au conflit armé.

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