Le Sénat imite la Chambres des communes et prolonge sa suspension

OTTAWA — Le Sénat va demeurer fermé pour encore au moins deux semaines alors que l’on ne prévoit pas de séance avant le 16 juin.

La chambre haute imite en ce sens la Chambre des communes qui ne prévoit pas de séance au parlement avant le 17 juin et dont le calendrier ne compte qu’une poignée d’autres séances jusqu’en septembre.

Le président du Sénat, George Furey, dit avoir consulté les leaders de chacun des groupes représentés en chambre avant de conclure qu’il n’était pas dans l’intérêt public de rappeler les sénateurs la semaine prochaine comme prévu.

Le leader conservateur au Sénat, Don Plett, s’oppose au consensus.

«Le premier ministre Trudeau a toujours promis aux Canadiens imputabilité et transparence. En réalité, on nous donne du théâtre», a-t-il écrit dans une déclaration.

«Nous ne pouvons oublier que nos pères fondateurs ont prévu un parlement bicaméral dans le but d’empêcher que l’exécutif ne s’arroge trop de pouvoirs. Face à cette crise de la COVID-19, on doit être conscient de l’une de nos principales tâches en tant que sénateur, soit de fournir un second regard objectif et d’agir comme un mécanisme d’imputabilité pour l’exécutif», a-t-il poursuivi.

Le Sénat et les Communes ont formé des comités dédiés à des domaines précis et qui échangent par vidéoconférence et par téléphone. Ces comités poursuivent leurs travaux.

Tous les députés de la Chambre des communes se réunissent régulièrement, physiquement ou de manière virtuelle, dans le cadre du comité spécial sur la COVID-19.

Ce forum permet aux députés de poser des questions aux ministres du gouvernement et de débattre de divers enjeux, mais ils n’ont pas la possibilité de déposer des projets de loi ni d’utiliser de nombreux autres privilèges parlementaires habituels.

Quand les libéraux ont eu besoin d’adopter des lois sur les mesures d’urgence en réaction à la crise de la COVID-19, ils ont convoqué des séances spéciales et déposé des projets de loi négociés à l’avance avec les partis d’opposition. Une pratique qui leur a permis d’éviter l’évaluation scrupuleuse des comités.

Les conservateurs ont accusé les libéraux, et les néo-démocrates qui les ont appuyés, de contourner l’examen minutieux des comités. Une étape à laquelle s’étaient soumis les gouvernements même durant la Deuxième Guerre mondiale.

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