Le Sénégal rejette les allégations contre une de ses diplomates

MONTRÉAL — L’ambassade du Sénégal à Ottawa se porte à nouveau à la défense d’une de ses diplomates qui a été prétendument battue par des policiers de Gatineau. Elle dénigre une décision du Tribunal administratif du logement, affirmant qu’elle ne se fondait que sur une seule version des faits, et reproche à la couverture médiatique d’avoir fait fi des torts causés à la femme.

Elle a publié vendredi une déclaration sur Twitter et Facebook mettant en doute certains reportages fondés sur des documents judiciaires selon lesquels la diplomate Niang Oumou Kalsoum Sall devait à son ancien propriétaire plus de 45 000 $ en raison des dommages à la propriété qu’elle a occupée du 1er novembre 2018 au 31 octobre 2020.

«Il a été noté la diffusion dans les médias d’informations fausses et choquantes sur sa personne, peut-on lire dans la déclaration. Or l’intéressée a été victime dans son propre domicile de violences policières inadmissibles en présence de ses enfants mineurs, dont un a des besoins spécifiques.»

Mme Niang, conseillère à l’ambassade, a été détenue et prétendument battue le 2 août par des policiers de Gatineau.

Le Service de police de la Ville de Gatineau raconte que des policiers ont porté assistance à un huissier muni d’une ordonnance devant être exécutée contre la diplomate. Elle explique avoir arrêté la femme après qu’elle eut frappé une agente de police. La diplomate aurait été projetée au sol après qu’elle eut tenté de mordre l’autre policier.

Le ministère des Affaires étrangères du Sénégal soutient que la diplomate a dû être hospitalisée après avoir été menottée et battue par des policiers.

Le Tribunal administratif avait jugé que Mme Niang avait provoqué une fuite d’eau ayant endommagé la structure de la propriété. Il déclare qu’elle est «responsable des dommages causés au logement et aux accessoires qui résultent d’un usage excessif des lieux». Le propriétaire Michel Lemay avait dû changer son ameublement.

Réagissant pour la première fois depuis la diffusion de ces informations, l’ambassade sénégalaise proteste contre la diffusion d’informations «fausses et choquantes» qui ne sont fondées que sur la version du propriétaire.

«Ces allégations trahissent une volonté manifeste de diluer la gravité de l’incident [policier]», déclare l’ambassade. 

La mission diplomatique allègue que la diplomate et sa famille ont plutôt subi des problèmes de chauffage et d’humidité dès son arrivée dans la maison. Elle ajoute que les allégations figurant dans les documents judiciaires sont fausses.

L’ambassade relate que c’est le propriétaire qui s’est «obstiné à dire» que les dégâts avaient été provoqués par une utilisation excessive de la salle de bain. Mme Niang soutient pour sa part qu’un plombier avait remarqué des problèmes de condensation et un tuyau bloqué.

En plus des dégâts d’eau, le jugement fait état de la présence de coquerelles dans le mobilier. « Les meubles sont éraflés et égratignés. Il en manque. Tout est sale.»

L’ambassade rétorque que c’est Mme Niang qui a découvert un placard derrière le réfrigérateur qui contenait deux boîtes à céréales abritant «des colonies de coquerelles».

«C’est cette négligence qui a expliqué la prolifération de ces insectes en dépit des nombreux traitements effectués par la concernée à ses propres frais», affirme-t-elle.

L’ambassade compte suivre de très près l’enquête du Bureau des enquêtes indépendantes sur les agissements de policiers du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG).

«Rien dans cette affaire ne peut justifier les violences subies par Mme Niang et ses enfants mineurs qui souffrent encore de violences physiques et morales», conclut-elle.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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