Le Service de police de Montréal s’intéressera aussi aux incidents haineux

MONTRÉAL – Un nouveau module, non seulement pour les crimes haineux, mais aussi pour les incidents haineux, est créé au sein du Service de police de la Ville de Montréal.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, en a fait l’annonce, mercredi, aux côtés du directeur du service de police, Philippe Pichet.

Selon eux, ce sera une première au Québec, puisque le nouveau module permettra également de répertorier les incidents à caractère haineux, à savoir les actes qui ne sont pas criminels, mais qui peuvent aussi miner le sentiment de sécurité d’une personne ou d’un groupe identifiable pour des questions de race, d’orientation sexuelle, de religion, d’origine, par exemple.

Pour illustrer la différence entre un crime et un incident à caractère haineux, le directeur Pichet a donné l’exemple d’injures qui seraient proférées contre deux gais qui s’embrasseraient en public — ce qui serait un incident — alors qu’un crime inclurait des voies de fait commis contre eux.

Le module bénéficiera de l’apport de trois personnes supplémentaires, soit un analyste et deux enquêteurs. Mais le directeur Pichet s’est empressé d’ajouter qu’il pourra en ajouter au besoin. Il a aussi souligné que, de toute façon, les crimes haineux font déjà l’objet d’enquêtes et il existe des ressources affectées à de tels crimes dans chaque centre opérationnel.

La nouveauté réside dans le fait que les incidents à caractère haineux, aussi, seront désormais répertoriés.

Le service de police veut notamment s’en servir, avec ses partenaires, pour élaborer des programmes de prévention mieux ciblés.

Pour ce qui est des crimes haineux, un peu plus de 70 sont enregistrés bon an mal an à Montréal, a indiqué le directeur Pichet. Et ils ne sont pas en croissance, a-t-il pris soin d’ajouter.

La plupart de ces crimes visent la propriété; une minorité seulement visent les personnes, a noté le directeur Pichet.

Le maire Coderre a indiqué que l’idée de ce module a germé dans sa tête lors du Sommet du vivre ensemble, puis lors de sa visite à Paris après l’acte terroriste de l’épicerie cachère. Il tenait à ce que cela soit fait dans une optique de prévention, a-t-il insisté.

Il existe des modules similaires ailleurs au Canada, mais pas au Québec, a noté M. Pichet. Il souhaite d’ailleurs l’adapter «au fur et à mesure de l’utilisation».

Le directeur Pichet a admis que son prochain défi sera l’Internet, où des propos à caractère haineux peuvent parfois être tenus.