Le service postal dit ne pas pouvoir respecter une ordonnance du tribunal

Le service postal américain a déclaré mardi qu’il n’était pas en mesure de respecter l’ordonnance d’un juge fédéral l’obligeant à ratisser des centres de traitement pour des bulletins de vote qui n’auraient pas encore été envoyés par la poste, arguant que cela perturberait ses activités le jour du scrutin.

Le juge de district Emmet G. Sullivan, de Washington, avait accordé à l’agence jusqu’à mardi après-midi pour fouiller 27 établissements dans plusieurs secteurs clés à la recherche des bulletins en suspens afin de les acheminer immédiatement.

L’ordonnance est venue après des semaines de décisions judiciaires à propos d’un service postal devenu fortement politisé sous son nouveau chef, Louis DeJoy.

M. DeJoy, un important donateur du Parti républicain, a effectué une série de changements controversés aux pratiques de l’organisme cet été qui ont retardé le courrier à l’échelle nationale et alimenté l’inquiétude quant à la capacité du service à gérer un afflux sans précédent de bulletins de vote par correspondance. En plus, Donald Trump a sans fondement attaqué le vote par correspondance comme étant frauduleux tout au long de sa campagne.

Dans sa réponse à l’ordonnance du juge, le service postal a déclaré qu’il avait déjà effectué des rondes de contrôle durant la matinée dans tous ses centres de traitement. En outre, l’agence a affirmé avoir effectué des examens quotidiens des 220 installations traitant le courrier électoral et avoir prévu un autre exercice du genre quelques heures avant la fermeture des bureaux de vote mardi.

Une grande partie de l’ordonnance du juge Sullivan reposait sur des données postales montrant qu’environ 300 000 bulletins de vote par correspondance dans plusieurs États n’avaient pas fait l’objet d’une numérisation indiquant qu’ils avaient été livrés. L’agence a contesté l’exactitude de cette statistique, affirmant qu’elle avait pris des mesures pour garantir la livraison locale des bulletins de vote le jour même en contournant certaines étapes de traitement, notamment cette numérisation avant la livraison finale.

«Les défendeurs travaillent aussi rapidement que possible pour se conformer aux ordonnances de la Cour tout en reconnaissant les limites physiques et opérationnelles et la nécessité d’éviter de perturber les activités clés le jour du scrutin», ont écrit les avocats du département de la Justice représentant le service postal.

Le juge a accepté la réponse de l’agence, mais a organisé une audience mercredi «pour discuter du non-respect apparent de l’ordonnance du tribunal».

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