Le sommet du G20 se conclut avec un communiqué aligné sur les intentions du Canada

NUSA DUA, Indonésie — Les dirigeants des plus grandes économies du monde ont clôturé mercredi le sommet du G20 en Indonésie avec une condamnation ferme de la Russie et un engagement à accroître leur collaboration afin de prévenir une autre pandémie.

Les chefs d’État et de gouvernement ont finalement convenu d’un consensus surprenant dans un monde chamboulé par des luttes de pouvoir géopolitiques. Ce consensus se rapproche beaucoup de ce qu’espérait le gouvernement libéral du premier ministre Justin Trudeau.

Le Canada avait ardemment milité pendant le G20 pour isoler la Russie, qui a envahi l’Ukraine en février. De nombreux pays en développement tentent de ménager à la fois Moscou et l’Occident. Plusieurs se sont d’ailleurs abstenus lors de votes aux Nations unies cette année pour condamner la Russie.

Dans le communiqué final du sommet du G20, les dirigeants ont pris note des votes de l’ONU appelant la Russie à se retirer de l’Ukraine. Ils soulignent qu’en dépit de points de vue partagés sur la guerre et sur l’imposition de sanctions, tout le monde s’accorde à dire que le conflit nuit à l’économie mondiale.

John Kirton, chef du groupe de recherche du G20 à l’Université de Toronto, estime que ce communiqué montre clairement que la Russie perd de son influence auprès des pays en plein essor avec lesquels elle collaborait étroitement, comme le Brésil, l’Inde et la Chine, mais adopte une formulation qui permet à Moscou de sauver la face. 

Ce compromis a ouvert la voie à d’autres engagements en matière d’environnement et de santé publique au G20, dit-il. «Il n’était pas clair du tout qu’il y aurait un communiqué», a déclaré M. Kirton.

Son équipe a repéré dans le bilan du sommet plus de 175 promesses. Il s’agit notamment de formaliser les plans de lancement d’un fonds mondial pour prévenir les pandémies, même si les pays n’ont promis que 1,4 milliard $ sur les 10 milliards nécessaires pour le faire fonctionner.

Les dirigeants du G20 ont aussi convenu de centrer l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en tant que coordinateur principal des programmes de santé mondiaux, ce qui pourrait éviter une approche cloisonnée de problèmes tels que l’épidémie de la variole simienne. 

Les dirigeants du G20 se sont également engagés à viser l’objectif de l’ONU de contenir le réchauffement climatique à 1,5 degré, ce qui concorde avec un plan révélé mardi pour aider l’Indonésie à se libérer de sa dépendance massive au charbon.

L’Inde, joueur majeur

Par contre, le professeur Kirton a remarqué relativement peu d’éléments dans le communiqué sur les droits des femmes, la réforme fiscale mondiale et la sécurité alimentaire, malgré une famine imminente en Afrique de l’Est.

M. Trudeau a déclaré que le G20 était un succès parce que la plupart des pays ont convenu que l’invasion de la Russie avait aggravé les crises énergétiques et alimentaires. «Les défis mondiaux doivent avoir des solutions mondiales, et c’est exactement ce sur quoi nous travaillons», a-t-il dit.

Selon M. Kirton, les différents groupes de travail dans les mois qui ont précédé le sommet ont montré que l’Inde faisait pression pour que les pays en développement déplorent que la Russie perturbe l’ordre mondial, sans couper tous les liens avec Moscou.

«Tout indique que M. Trudeau n’est pas celui qui a négocié l’accord: c’est vraiment (le premier ministre Narendra) Modi, de l’Inde, qui l’a fait, a déclaré M. Kirton. L’Inde construit clairement aux côtés du Canada dans (la stratégie) indo-pacifique que nous voulons établir avec de grandes démocraties.»

Pourtant, lorsqu’on lui a demandé quel rôle l’Inde, le pays démocratique le plus peuplé du monde, avait joué pour parvenir au consensus de mercredi sur la Russie, M. Trudeau a refusé de préciser quels pays soutenaient et s’opposaient à la formulation.

«Tous les membres du G20 ont travaillé et sont arrivés à quelque chose sur lequel nous pouvions nous mettre d’accord, et faire une déclaration forte, a déclaré M. Trudeau. C’est tout à l’honneur de tous ceux qui y ont travaillé autour de la table, en particulier la présidence indonésienne.»

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