Le sort des bars sera fixé dans les prochains jours, promet Dubé

Les tenanciers de bars devraient connaître leur sort dans les prochains jours.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, ne cache pas son inquiétude à l’égard de la hausse des nouvelles infections rapportées dans les derniers jours. Il s’abstient toutefois d’attribuer ce regain de contamination à des soirées arrosées où le virus se propage avec plus grande aise.

«Je n’ai pas encore fait le lien entre l’augmentation des cas de façon générale et les bars. Je vais me fier énormément sur la santé publique au cours des prochaines heures», a-t-il affirmé jeudi après-midi.

Les cas journaliers refusent de passer sous la barre de la centaine depuis le week-end dernier. On recensait jeudi 142 nouveaux cas à travers la province.

Le ministre veut pouvoir les retracer dans le détail et déterminer si les infections liées à des bars sont survenues depuis le 10 juillet, lors de l’imposition du couvre-feu à 1 heure du matin et de l’interdiction de vendre de l’alcool après minuit.

Le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, devait justement s’entretenir avec ses homologues régionaux à ce sujet plus tard dans la journée.

«On est en train de faire une analyse très fine, a expliqué le Dr Arruda en point de presse. Ça se peut qu’on se dise qu’on a besoin d’une autre journée de données pour voir ce qui se passe avant de prendre position.»

Le Dr Arruda dit étudier plusieurs scénarios et n’exclut pas la possibilité de recommander la fermeture de certains débits de boisson seulement, plutôt que d’imposer un reconfinement dans l’ensemble de la province.

«Il ne faut pas attendre et qu’il soit trop tard. Mais il ne faut pas non plus agir trop tôt et pénaliser un secteur qui n’est pas la seule source de problèmes», a-t-il fait valoir.

Même si les bars sont reconnus comme des nids de contamination partout dans le monde, les fêtes privées pourraient également être à blâmer selon lui.

En avant-midi, le premier ministre François Legault avait dit attendre sous peu une recommandation du Dr Arruda.

Appel au dépistage à Montréal

Les autorités sanitaires montréalaises faisaient état jeudi d’au moins 45 cas liés à 14 établissements, après avoir lancé samedi dernier un appel au dépistage pour toutes les personnes ayant fréquenté des bars de la métropole depuis le début du mois. Cinq cas ont également été reliés au Mile Public House du quartier DIX30, à Brossard. 

La réponse à cet appel au dépistage a été si forte que les délais d’attente pour subir un test ont explosé, forçant la direction régionale de la santé publique à rapidement augmenter sa capacité sans rendez-vous.

«Je n’ai pas aimé les images que j’ai vues hier des files d’attente», a reconnu le ministre Dubé, en s’adressant aux journalistes devant le site mobile Louvain, l’une des deux cliniques de dépistage qui se sont ajoutées jeudi.

Ses heures d’ouverture devaient être à nouveau prolongées et du personnel issu d’autres centres intégrés de santé et de services sociaux de Montréal était attendu en renfort lors de la visite du ministre, qui a dit y voir un bon rodage en vue de la deuxième vague de COVID-19.

Dans la file derrière lui, Xavier Bergeron, 26 ans, en était à sa deuxième tentative pour subir un test de dépistage.

Après avoir fait demi-tour en se rendant dans une autre clinique où la file d’attente s’étirait sur plus d’un kilomètre, la veille, l’employé de bar a décidé de se présenter au nouveau site mobile de la rue Saint-Denis avant même son ouverture jeudi, à 10h.

À 14h, il attendait toujours son tour, incrédule.

Quelques mètres devant lui, Anaïs Michaud et Alexandre Fisette, 35 ans, partageaient sa perplexité. «Si ça prend environ une semaine au gouvernement pour réussir à s’adapter à une directive qu’il a lui-même donnée, ça me donne assez peu d’espoir pour quand il y aura un imprévu», a avancé Alexandre Fisette.

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