Le SPVM appelé à faire appliquer les mesures contre la pandémie de COVID-19

MONTRÉAL — La pandémie continue de s’étendre sur le territoire de la Ville de Montréal. On dénombre six arrondissements comptant chacun plus de 50 cas confirmés de contamination à la COVID-19. Les autorités ont donc décidé de s’attaquer au portefeuille des citoyens récalcitrants qui ne respectent pas les consignes de prévention.

Le bilan dévoilé dimanche après-midi par la directrice de la santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, fait état de 1361 cas, soit 146 de plus que la veille.

On recense également 83 patients hospitalisés, dont 13 aux soins intensifs. Déjà six personnes ont succombé au virus dans la métropole. Parmi les personnes contaminées, 17 habitent dans des centres de soins de longue durée.

Trois cas ont été confirmés au sein de la population itinérante et plusieurs autres personnes montrant des symptômes de la maladie sont suivies de près.

Par ailleurs, les «anges gardiens» qui soignent les personnes malades, comme les appelle le premier ministre François Legault, ne sont pas épargnés. Selon la Dre Drouin, 82 travailleurs de la santé ont contracté le nouveau coronavirus qui porte le nom scientifique de SARS-CoV-2.

De plus, le directeur du Service de police de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, a révélé que six policiers ont reçu des tests positifs à la maladie. Cinq d’entre eux auraient été contaminés par des proches, mais on ne connaît pas la source de contamination du sixième cas.

En ce qui concerne la propagation au sein de la collectivité, les six arrondissements comptant plus de 50 cas confirmés sont ceux de Côte-Saint-Luc, Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce, Rosemont—La Petite-Patrie, Plateau-Mont-Royal, Ville-Marie et Lasalle.

De plus une tendance à la hausse aurait été observée dans les secteurs d’Ahuntsic, de Montréal-Nord, de Pointe-aux-Trembles, de Rivière-des-Prairies et de Villeray.

Les policiers en renfort

Les Montréalais doivent bien comprendre que les consignes des autorités de la santé publique ne sont pas de simples suggestions, mais des obligations. En cette situation d’urgence sanitaire, le SPVM a été appelé à intervenir et remettra désormais des contraventions aux citoyens qui contreviennent aux mesures visant à réduire la contagion.

Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, a indiqué que l’attitude des policiers ne changerait pas, seulement la conséquence. «Ce qu’on souhaite, c’est d’abord la collaboration des gens. Si la collaboration ne suit pas, il y aura la rédaction d’un rapport d’infraction», a-t-il prévenu.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a rappelé que le combat contre la pandémie est un marathon et qu’il faut poursuivre les efforts. L’état d’urgence sanitaire, prévu initialement pour 72 heures, a justement été prolongé pour cinq jours.

«Je tiens à dire que nous avons un plan qui est clair et que l’on suit étape par étape», a assuré Mme Plante en répétant qu’il n’était pas encore question de boucler un quartier ni de fermer les ponts.

«Notre but aujourd’hui est de protéger la collectivités tout en minimisant les impacts sur les libertés individuelles», a soutenu la mairesse en pointant une «infime minorité» d’individus récalcitrants aux consignes.

On rappelle à la population d’éviter tout rassemblement et de respecter les pratiques de distanciation sociale en maintenant deux mètres de distance entre les personnes dans les lieux publics.

«Si vous avez des symptômes, on vous demande de rester à la maison. Si vous avez de la difficulté à obtenir un test, restez à la maison. Si vous êtes en attente d’un résultat, restez à la maison», a insisté la Dre Mylène Drouin en conférence de presse.

Alors que l’on demande aux patrouilleurs d’être vigilants et d’intervenir s’ils sont témoins de rassemblements en public, on souhaite demeurer prudent en ce qui concerne la délation.

Les autorités invitent les citoyens témoins de situations anormales, en contravention avec les consignes, à communiquer avec le SPVM et à ne pas intervenir eux-mêmes ou à invectiver leurs concitoyens.