Le SPVM enquête sur des violences liées au conflit au Port de Montréal

MONTRÉAL — Les policiers de Montréal enquêtent sur des violences qui ont éclaté, mercredi soir, en marge du conflit au Port de Montréal, où les débardeurs, grands contremaîtres et préposés à l’entretien ont déclenché lundi une grève de quatre jours.

L’Association des employeurs maritimes a d’ailleurs vivement condamné ces événements, jeudi, en conférence de presse.

Les policiers sont intervenus vers 19h00, mercredi, à la suite d’un appel au 9-1-1 au stationnement du Stade olympique situé à l’angle des rues Viau et Pierre-de-Coubertin où de nombreux cadres et agents de sécurité venaient d’être agressés en sortant de l’autobus qui effectuait la navette entre le stationnement et le port.

À l’arrivée des policiers, les agresseurs avaient déjà pris la fuite.

Selon le président de l’Association des employeurs maritimes, Martin Tessier, ce sont près d’une cinquantaine de grévistes, certains armés de bâtons, qui attendaient les employés effectuant le travail de remplacement au Port de Montréal.

«Il y a des gens qui se sont fait frapper au visage, des gens qui se sont fait voler leur téléphone. Il y a des gens qui se sont fait voler leur portefeuille. On était au stationnement du Stade olympique et il y avait des gens qui les attendaient et quand nos gens ont commencé à sortir des autobus qui les emmenaient, les gens ont commencé à sortir de leurs autos. Certains avaient des bâtons», a-t-il déclaré en conférence de presse.

Fort heureusement, personne n’a été blessé sérieusement.

Le Service de police de la Ville de Montréal confirme qu’il enquête sur des plaintes de voies de fait et de vol et possiblement des cas de harcèlement et de menaces.

En conférence de presse, jeudi, le syndicat, par l’entremise du conseiller Michel Murray, a dit prendre l’entière responsabilité des événements. «Ce n’était pas une embuscade, a-t-il souligné. C’était un piquet (de grève) qui a mal tourné.»

M. Murray a tenu a rappelé que «les débardeurs ne sont pas des intimidateurs; ils ne sont pas des ogres assoiffés de sang; ils ne sont pas des animaux». Selon lui, affirmer que les syndiqués ont tenu une embuscade contre les briseurs de grève est «ridicule».

Le porte-parole syndical a toutefois accusé les cadres d’avoir provoqué les grévistes. «Je pense que le presto a sauté, a-t-il lancé. Ce n’est pas un retour aux années 1970 des relations de travail. C’est ce qui arrive à l’occasion lorsqu’on requiert des briseurs de grève.»

M. Murray a reconnu toutefois que des équipes volantes avaient été formées «d’afin d’emmerder (les briseurs de grève) comme ils nous emmerdent».

Le syndicat marche sur les oeufs dans cette affaire. Plus tôt, sur sa page Facebook, il avait demandé aux membres de «ne faire aucun commentaire sur les réseaux sociaux».

Les débardeurs ont déclenché une grève de quatre jours lundi dernier alors que les négociations achoppent sur les horaires de travail. Dès le lendemain, le Syndicat canadien de la fonction publique dénonçait la présence de briseurs de grève sur les lieux du conflit.

La grève prendra officiellement fin à 6 h 59, vendredi matin. Le syndicat a annoncé que les piquets de grève seront levés dès jeudi soir à 23 h.

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