Le suspect des fusillades à Toronto en début de semaine avait un dossier criminel

TORONTO — Le suspect qui serait à l’origine des fusillades qui ont coûté la vie à un policier et au propriétaire d’un garage de pièces automobiles, plus tôt cette semaine dans la grande région de Toronto, avait un long dossier criminel et a déjà été lié à un gang.

Des documents de la Commission des libérations conditionnelles du Canada révèlent que l’homme qui aurait perpétré les deux fusillades à Mississauga et Milton, lundi, avait un historique de vols, de trafic de drogue et de possession d’armes, en plus d’avoir eu des liens avec un gang.

L’Unité des enquêtes spéciales (UES) de l’Ontario n’a pas confirmé le nom du suspect, aujourd’hui décédé, puisque sa famille se serait opposée à sa divulgation.

Une alerte envoyée lundi après-midi par la police régionale de Peel identifiait le suspect comme étant Shawn Petry, âgé de 30 ans. Or, des sources au courant du dossier ont plutôt indiqué que le suspect se nommait Sean Petrie et qu’il était âgé de 40 ans.

L’UES a précisé que quatre agents ont ouvert le feu en direction du suspect lors d’une opération policière au cimetière d’Hamilton, lundi en fin d’après-midi.

Dans des documents de la Commission des libérations conditionnelles du Canada qui font référence à un Sean Petrie né le même jour que le suspect dans cette affaire, on peut lire que l’homme était incarcéré en 2010 dans un établissement à sécurité moyenne et qu’il était admissible pour une libération d’office, c’est-à-dire qu’il a été mis en liberté, sous surveillance, après avoir purgé les deux tiers de sa peine.

«Votre cycle d’infractions, comme démontré par vos antécédents criminels, est directement lié à l’influence négative d’autres criminels, y compris ceux impliqués dans des gangs», a écrit la commission dans une décision du 17 août 2010.

«Vos liens avec ces personnes ont conduit à vos condamnations pour des crimes contre la propriété, des vols, du trafic de drogue et de la possession d’armes.»

La commission a évalué Petrie comme étant un cas -3 sur l’Échelle d’information statistique sur la récidive, une catégorie où l’on juge «qu’un délinquant sur deux ne commettra pas d’actes criminels après sa libération».

Nombreuses conditions

Plusieurs conditions ont été imposées à la libération de Petrie, dont de ne pas entrer en contact avec des gangs, ni avec toute personne liée à un gang spécifique — dont le nom n’était pas indiqué. 

Afin d’empêcher qu’il rencontre des membres de ce gang, la commission a interdit à Petrie d’aller dans un secteur précis du nord-ouest de Toronto, où «la majeure partie de (son) activité criminelle s’est produite».

La commission a également imposé une condition selon laquelle Petrie devait s’abstenir d’acheter et de prendre des médicaments sans ordonnance.

«Vous vous êtes montré à l’aise avec la possession de cocaïne et d’autres stupéfiants à des fins de trafic, a écrit la commission. Il y a également une indication de consommation régulière de marijuana qui n’est pas favorable à votre réinsertion. Vous avez refusé des tests de dépistage des drogues en prison, ce qui a entraîné des sanctions», a rappelé la commission.

Soutien de sa famille

Sean Petrie avait complété un programme de prévention de la violence et en avait tiré «certains acquis», a reconnu la commission, qui a également soulevé le fait qu’il pourrait compter sur le soutien de sa copine et de sa famille une fois à l’extérieur.

La commission lui a cependant imposé une «supervision accrue» en raison de ses «mauvais comportements en détention».

Petrie avait également l’obligation de se trouver un emploi. Il s’agissait d’un «élément clé» pour sa remise en liberté.

«Vous aurez besoin d’aide pour vous trouver un emploi, puisque la plupart de vos revenus antérieurs étaient acquis pas des activités illégales», a prévenu la commission.

Mercredi, la commission a rappelé qu’elle était obligée de relâcher Petrie et qu’il ne s’agissait pas d’une décision de sa part.

Elle a rappelé que l’homme devait respecter des conditions pendant une certaine période afin de compléter sa sentence, qui s’est terminée le 19 juin 2012.

«L’évaluation du risque qui a été faite pour prendre cette décision était basée sur le comportement du délinquant à ce moment», a déclaré la commission.

Petrie ne purgeait pas une peine d’emprisonnement fédérale dans la communauté au moment des fusillades de cette semaine, a assuré la commission.

Le suspect des fusillades de lundi aurait d’abord ouvert le feu vers 14h15 dans un Tim Hortons de Mississauga, lorsqu’il a lancé une attaque «non provoquée» et a tué le policier Andrew Hong, alors en pause. Une autre personne a été atteinte par balle.

Le suspect a ensuite sévi à nouveau moins d’une heure plus tard à Milton, quand il a tué le propriétaire d’un garage de pièces automobiles, Shakeel Ashraf, et blessé deux autres personnes, avant de prendre la fuite une seconde fois.

Selon des sources, une poursuite s’est engagée sur l’autoroute, ce qui a mené à l’opération au cimetière d’Hamilton, où l’homme a été abattu, vers 16h30.

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