Le syndicat d’ABI n’est pas raisonnable, selon François Legault

QUÉBEC — Les travailleurs en lock-out de l’aluminerie ABI à Bécancour en demandent trop et leur syndicat n’est pas raisonnable, a tranché le premier ministre François Legault, mardi.

Il a dit avoir ainsi donné son opinion pour aider à résoudre le conflit qui dure depuis 15 mois, mais la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et Québec solidaire (QS) l’accusent plutôt d’avoir jeté de «l’huile sur le feu».

Dans une mêlée de presse en après-midi avant de se rendre à la période de questions, le chef caquiste est revenu sur sa rencontre avec les deux parties la veille.

«La partie qui doit faire le plus de compromis est le syndicat», a-t-il jugé, intervenant ainsi dans le conflit de travail privé.

Pourtant son ministre du Travail, Jean Boulet, s’était gardé de prendre position auparavant pour l’une ou l’autre des parties et avait toujours tenté de les rapprocher. En mêlée de presse mardi, M. Boulet ne jugeait pas que son patron avait fait preuve de partialité.

«Quand un syndicat en demande trop, le risque est alors de perdre des emplois à 92 000 $ par an, donc moi, je pense que c’est important d’être raisonnable, et actuellement, je ne trouve pas que le syndicat est raisonnable et je le dis», a opiné le premier ministre.

Cet argent — qui n’est pas versé en salaires actuellement — ne sert pas à alimenter les commerces de la région, a-t-il plaidé en vue d’un règlement rapide.

M. Legault a commenté des revendications du syndicat, notamment sur le régime de retraite ainsi que sur les heures de libération syndicale, en rapportant que la partie patronale les juge «exagérées».

La veille, dans un commentaire sur Twitter, le premier ministre avait indiqué que le salaire moyen des 900 employés était de 92 000 $, mais la FTQ a fait ressortir que les «salaires n’ont jamais été en jeu» dans ce conflit.

Dans un communiqué, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a qualifié la sortie du premier ministre d’«inappropriée», en soulignant que le salaire du PDG d’Alcoa, Roy Harvey, a presque triplé en deux ans, passant de 4 millions $ US en 2016 à plus de 13 millions $ US en 2018.

Pour sa part, le député d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc, de Québec solidaire, a affirmé que le gouvernement est déjà dans une position de «fausse neutralité» puisque le contrat d’énergie avec Hydro-Québec a permis à Alcoa d’économiser 165 millions $ depuis le début du lock-out.

«La seule chose qu’il a à dire, c’est de taper sur les salaires des syndiqués. (…) Il prend parti pour les grands « boss » de Pittsburgh. Qu’est-ce qu’il a dit à l’employeur? Je serais intéressé de le savoir.»

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