Le syndicat des agents frontaliers réclame plus d’embauches

MONTRÉAL — L’agence fédérale des frontières n’agit pas assez rapidement pour combler les pénuries de personnel qui ont enlisé le trafic dans les aéroports et exacerbé la frustration des passagers, a estimé lundi le syndicat des agents frontaliers. 

«Les délais d’attente qui persistent dans les aéroports et les postes frontaliers du pays montrent clairement que l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) n’a rien prévu pour que la situation revienne bientôt à la normale», a affirmé lundi le Syndicat des douanes et de l’immigration (SDI) dans un communiqué. 

Le gouvernement fédéral s’est efforcé de s’ajuster aux scènes de files d’attente interminables, de retards de vol et d’agitation quotidienne dans les aéroports, un problème que l’industrie aéronautique – et maintenant les syndicats – attribue à la pénurie d’agents fédéraux de sécurité et des douanes. 

Le «plan d’action d’été» de l’agence, qui impose des heures supplémentaires obligatoires et suspend les formations non essentielles, équivaut à des «demi-mesures mal planifiées» sans solutions à long terme, a estimé le syndicat. 

Il demande à l’ASFC et au ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, d’augmenter le nombre d’agents frontaliers et de s’engager dans un plan à long terme visant à remédier aux retards de voyage en raison de la pénurie de main-d’œuvre. 

Le SDI réclame l’embauche d’entre 1000 et 3000 agents supplémentaires, alors qu’il conclut sa première ronde de négociations avec le gouvernement fédéral sur une nouvelle convention collective. Il fait en outre valoir que les problèmes liés aux aéroports encombrés et aux passages frontaliers sont sur le point d’augmenter pendant la haute saison des voyages.

L’ASFC a pour sa part indiqué qu’elle mettait à contribution davantage de travailleurs et d’étudiants, et qu’elle avait ajouté des kiosques automatisés dans la zone douanière de l’aéroport Pearson de Toronto. 

Plus tôt ce mois-ci, Ottawa a suspendu les tests aléatoires de dépistage de la COVID-19 dans les aéroports – un processus qui avait enlisé le flux de passagers – et a ajouté plus de personnel de santé publique pour vérifier que les voyageurs ont rempli leurs soumissions d’application ArriveCan à l’atterrissage. 

Le président du syndicat, Mark Weber, a expliqué, lors d’une entrevue, que les kiosques ne parvenaient pas à contrebalancer la diminution importante du nombre d’agents d’aéroport de première ligne depuis 2016. 

«Nos volumes augmentent chaque année. L’été est une saison, ce n’est pas une urgence. Nous ne comprenons pas en quoi la situation que nous avons maintenant n’était pas entièrement prévisible et pourquoi elle n’a pas été résolue avant que nous en arrivions à ce genre de situation désespérée», a-t-il affirmé lors d’une entrevue. 

Les goulots d’étranglement augmentent malgré le volume de passagers aux points de passage terrestres et aux douanes aéroportuaires, qui se situe à environ 75 % des niveaux d’avant la pandémie, a-t-il ajouté.

Les points de contrôle terrestres ne sont pas exempts des retards qui frappent les plus grands aéroports du Canada, avec des «temps d’attente importants» aux postes très fréquentés, a ajouté M. Weber. 

«Dans nos ports les plus achalandés, à des endroits comme Windsor, il n’est pas rare de voir des temps d’attente de deux ou trois heures pour que les voitures passent.» 

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