Le syndicat des ingénieurs de Montréal veut un «Bureau de l’ingénieur général»

Montréal devrait se doter d’un «Bureau de l’ingénieur général» pour s’assurer que les plans et devis et la réalisation de grands travaux dans la métropole respectent les règles de l’art.

C’est du moins la proposition lancée mardi par le Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal (SPSPEM), qui suggère également la création d’un groupe de recherche sur la gestion des projets d’infrastructure afin de minimiser les inconvénients des chantiers pour les citoyens.

«L’ingénieur doit retrouver son rôle significatif au sein de l’organisation municipale», a déclaré d’entrée de jeu son président, André Émond, en conférence de presse.

Le syndicat précise que sa démarche est non partisane, mais il profite tout de même de la campagne électorale municipale pour mettre ses propositions sur la place publique afin de voir comment les candidats à la mairie se positionneront face à ces suggestions.

M. Émond affirme que les fonctions d’un ingénieur général indépendant, avec des pouvoirs d’enquête, seraient complémentaires à celles de l’inspecteur général.

Alors que ce dernier se concentre surtout sur l’octroi de contrats et les risques de collusion et de corruption qui s’y rattachent, l’ingénieur général serait plus à même d’analyser les questions techniques entourant non seulement l’attribution d’un contrat, mais aussi sa réalisation.

«Présentement, nous sommes dans le choix d’un paquet de grandes infrastructures, a fait valoir M. Émond. Comment peut-on savoir que toute la démarche est transparente et qu’elle a été faite selon les règles techniques reconnues?»

Les questions entourant les coûts, la planification, les techniques proposées, les matériaux utilisés ou encore la validité des extras réclamés seraient ainsi soumises à un regard d’expert du début à la fin des grands projets.

M. Émond a également reconnu que les ingénieurs hésitent à aller sur la place publique lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec certaines décisions.

«Il y a des craintes de sanctions, ça existe», a-t-il confié, ajoutant que, justement, le Bureau de l’ingénieur général «permettrait aux gens qui ont des choses à dire sur le plan technique, d’appeler l’ingénieur général (…) pour dire que, dans tel projet, on a pris telle orientation mais j’ai une autre opinion».

Une troisième proposition syndicale vise le renforcement de l’expertise interne et des mesures de rétention de l’expertise existante.

M. Émond se défend toutefois d’en faire un enjeu syndical, alors que la convention collective vient à échéance le 31 décembre prochain.

«L’expertise, ce n’est pas seulement d’avoir des chaises, des tables et du monde; c’est d’avoir des ressources de haut niveau capables d’avoir un rôle stratégique. C’est une dynamique de qualité plus que de nombre», a-t-il insisté.

 

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