Le système d’immigration au Canada tente de se préparer à l’après-COVID-19

OTTAWA — Une refonte complète de la façon dont le Canada traite les demandes d’immigration est en préparation alors que le gouvernement fédéral s’apprête à se remettre sérieusement à la tâche après la pandémie.

Les systèmes informatiques vieillissants, les demandes sur papier et les entrevues en personne font partie des choses qui devront être adaptées à la «nouvelle normalité» d’après-COVID-19, indique le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté dans un appel d’offres publié sur le site internet du gouvernement et marqué «urgent».

Le ministère explique que lorsque les restrictions de voyage commenceront à être assouplies, on s’attend à une forte augmentation des demandes et des besoins d’aide, ce qui représentera une charge énorme pour les activités dans le monde. Le ministère doit donc agir rapidement pour élaborer de nouvelles stratégies, ou les mettre à jour, et des processus et systèmes numériques pour faire face aux changements rapides.

L’immigration au Canada a presque cessé en mars lorsque les frontières du monde entier se sont brusquement fermées pour ralentir la pandémie. Bien que certains étrangers qui étaient déjà autorisés à entrer au Canada avant la pandémie — des travailleurs temporaires et des étudiants — ont pu être admis, des milliers d’autres, y compris des réfugiés, attendent que les restrictions de voyage soient levées.

Pendant ce temps, le gouvernement a fermé ou considérablement réduit le nombre de ses activités d’immigration, y compris toutes les entrevues en personne et la collecte de données biométriques. De nombreux centres privés qui émettent des visas dans le monde en vertu de contrats avec le gouvernement canadien sont également fermés.

Tout ce branle-bas freine les nouvelles demandes d’immigration et l’incertitude signifie que le gouvernement a maintenant abandonné l’idée même d’évaluer le temps qu’il faudra pour les traiter.

Le ministère essaie tout de même de traiter certaines des demandes, a déclaré la porte-parole, Nancy Caron. Il tente de s’adapter, par exemple, en priorisant les demandes des Canadiens qui veulent rentrer au pays, des personnes vulnérables et de celles qui fournissent ou soutiennent des services essentiels, a soutenu Mme Caron dans un courriel.

Dans son appel d’offres, le ministère note que l’un de ses défis est de fonctionner tout en respectant les protocoles de distanciation physique — par exemple pour les entrevues en personne ou les cérémonies de citoyenneté.

Au moins une cérémonie de citoyenneté virtuelle a déjà eu lieu: celle d’un chercheur qui avait obtenu une importante subvention pour étudier l’impact de la pandémie sur les chaînes d’approvisionnement. Le ministère cherche maintenant des solutions plus numériques pour ces cérémonies et pour les entrevues traditionnelles en personne.

Le gouvernement libéral avait l’intention d’accueillir jusqu’à 371 000 nouveaux résidents permanents en 2020, une cible qui sera loin d’être atteinte en raison de la COVID-19. Un récent rapport d’Économique RBC suggère que ce ralentissement de l’immigration aura des répercussions sur l’économie canadienne, notant entre autres les 6 milliards $ en droits de scolarité que les étudiants internationaux versent chaque année au Canada.