Le taux de chômage s’établit à 5,6 % en février

OTTAWA — Le taux de chômage au Canada a grimpé d’un dixième de point de pourcentage pour atteindre 5,6 % alors que 30 300 emplois ont été créés en février, principalement grâce à la bonne performance enregistrée au Québec, a indiqué vendredi Statistique Canada.

À l’échelle nationale, cette performance a surpassé les attentes dans un contexte où plusieurs redoutent les conséquences économiques de la propagation du virus maintenant appelé COVID-19.

L’agence fédérale a expliqué qu’en matière de création d’emplois, la hausse était essentiellement attribuable au Québec, où le marché du travail a affiché un troisième gain mensuel consécutif. La province a vu son taux de chômage chuter de 0,6 point de pourcentage, à 4,5 %, ce qui constitue un nouveau creux depuis 1976 — depuis que ces données sont disponibles.

L’essentiel de la hausse d’emploi observée en février au Québec a eu lieu chez les jeunes de 15 à 24 ans. Comparativement à février 2019, la province comptait 66 000 nouvelles recrues sur le marché du travail, soit une hausse de 1,5 %.

Dans l’ensemble du pays, le taux de chômage a également oscillé vers un creux de 40 ans. Selon Statistique Canada, la plupart des gains ont été réalisés du côté du travail à temps plein, où l’on compte 37 600 nouveaux emplois, tandis que 7300 postes à temps partiel ont disparu par rapport à janvier.

Les économistes s’attendaient en moyenne à une hausse de 10 000 emplois en février et un taux de chômage de 5,6 pour cent, selon la firme de données sur les marchés financiers Refinitiv.

«Cela signale que l’économie se portait relativement bien avant d’être affectée par la tempête du virus, a déclaré l’économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, au cours d’une entrevue. Il s’agit en fait de trois mois consécutifs où nous avons observé une croissance de l’emploi assez vigoureuse au Canada.»

Statistique Canada recueille les données au milieu du mois, ce qui signifie «qu’il y a peu de détails sur la façon dont les employeurs réagissent à l’éclosion de COVID-19», a écrit Brian DePratto, économiste principal à la Banque TD, dans une note. S’il n’y avait de virus, ce portrait serait positif pour notre humeur.»

Le rapport sur l’emploi a été dévoilé alors que la Banque du Canada a décidé, mercredi, d’abaisser son taux d’intérêt directeur d’un demi-point de pourcentage pour le ramener à 1,25 % en raison des craintes entourant l’impact du nouveau coronavirus.

Le gouverneur Stephen Poloz a déclaré que la banque centrale voulait réduire les taux «de manière décisive» pour protéger l’économie canadienne contre les effets du COVID-19, comme lorsque les prix du pétrole se sont effondrés il y a environ cinq ans.

Outre le Québec, l’Alberta, la Nouvelle-Écosse et le Manitoba ont affiché des gains en matière de nouveaux emplois. Peu de variations ont été observées dans les autres provinces.

En février, le nombre de personnes en emploi a progressé dans le commerce de gros et de détail, la fabrication ainsi que dans l’information, la culture et les loisirs. Parallèlement, l’emploi a diminué dans les services professionnels, scientifiques et techniques ainsi que dans les services d’hébergement et de restauration.

La performance du marché du travail en février n’est pas une grande surprise étant donné que la confiance des consommateurs et des entreprises est demeurée solide malgré les blocus ferroviaires et le coronavirus, a écrit l’économiste principal de la Banque Royale, Nathan Janzen, dans une note.

«Les données sont demeurées globalement solides en février, mais cela importera probablement peu en raison des préoccupations de plus en plus persistantes à l’égard la propagation du nouveau coronavirus à l’extérieur des frontières de la Chine», a-t-il indiqué.

Au Nouveau-Brunswick, l’emploi est demeuré inchangé, mais le taux de chômage a diminué de 0,6 point de pourcentage pour atteindre 6,9 %, à la suite d’une baisse du nombre de personnes à la recherche de travail.

Du côté de la Nouvelle-Écosse, l’emploi s’est accru de 3700 en février. Le taux de chômage a augmenté de 0,4 point de pourcentage pour s’établir à 7,8 %. À l’Île-du-Prince-Édouard, le taux de chômage est passé de 7,5 % en janvier à 8,0 % en février.

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